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le Jeudi 5 mai 2011 20:32 | mis à jour le 20 mars 2025 10:38 Francophonie

Association des francophones du Nunavut Une décision obligatoire

Association des francophones du Nunavut Une décision obligatoire
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Poussé par un jugement juridique lui étant défavorable, l’organisme porte-parole des francophones du Nunavut prend une décision qui satisfait.

 
L’Association des francophones du Nunavut (AFN) s’apprête à vendre un des trois bâtiments en sa possession au cœur d’Iqaluit. Se départir de ce bien immobilier semble être la solution aux problèmes financiers de l’organisme porte-parole des Franco-Nunavois.

Réunies le 18 avril en assemblée générale exceptionnelle, environ 25 personnes ont approuvé la décision du conseil d’administration francophone, soit la mise en vente d’un logement locatif bien situé dans la capitale, le même qui abritait auparavant les bureaux de l’organisme Resafan qui promeut les services de santé en français au territoire. Éric Corneau, le président de l’AFN espère dégager plus de 400 000 dollars de cette transaction, permettant à l’organisme de payer une majeure partie de ses différentes créances.

« C’était une soirée positive, considérant la situation dans laquelle nous nous trouvons. Les gens ont été satisfaits de la décision. Il y a eu beaucoup de questions sur le pourquoi de cette situation et nous avons pu fournir des réponses en toute transparence », rapporte Éric Corneau. Ce dernier explique qu’une ancienne employée de l’AFN, Danielle Samson, a épongé avec sa carte de crédit personnelle des dépenses autorisées afférentes à l’organisme durant l’exercice financier 2009-2010, alors qu’elle assurait le mandat de directrice générale par intérim. « L’Association a toujours fonctionné avec un budget d’organisation à but non lucratif, donc toujours avec un budget relativement serré », relate le président qui reconnaît la dette de l’Association envers Mme Samson.

N’ayant toujours pas reçu en intégralité les 40 000 dollars qu’elle a placés à son crédit Mme Samson a entrepris un recours en justice contre l’AFN afin de se faire rembourser. C’est un jugement défavorable à l’AFN qui a poussé l’Association à trouver une solution à son problème de créances.

La décision de l’organisme francophone réjouit Mme Samson, qui dit vivre depuis un an avec la hantise de ne pas se faire rembourser. À la suite des conseils de son avocat, elle ne s’est pas présentée à l’assemblée générale exceptionnelle, mais confie tout de même que d’après ce qu’on lui a rapporté, les événements prenaient une bonne tournure. « L’impasse va se dénouer et cela va aller de l’avant, donc je suis super excitée », répond-elle en entrevue.
L’ancienne employée rappelle la situation de 2010 : « il y avait des chèques de bailleurs de fonds qui étaient garantis et qui ont pris du retard. Alors pour assurer une opération, considérant qu’il n’y avait pas de liquidité, j’ai fait une avance sur ma carte de crédit, pensant qu’ils allaient me rembourser un mois plus tard quand ils allaient recevoir le chèque. Quand j’ai quitté mon poste, les fonds n’étaient toujours pas là. » Avec ses démarches juridiques et la décision de l’AFN, Danielle Samson devrait recevoir la totalité de son remboursement incluant les intérêts avant le 31 décembre 2011.

Une pratique répandue       
Avec le recul, Mme Samson argumente que l’utilisation d’une carte de crédit personnelle est une réalité des organismes à but non lucratif. « À partir de cette expérience vécue, j’ai comparé avec d’autres organismes à travers le pays et la situation se vit partout, car on nous oblige à réaliser des projets avant le 31 mars, mais on nous envoie des sous très tard dans le courant de l’année, ce qui oblige les organismes à se serrer la ceinture et pour ceux qui n’ont pas de liquidité, ça devient un peu plus difficile. »

Selon Léo-Paul Provencher, le directeur général de la fédération franco-ténoise basée à Yellowknife, l’utilisation d’une carte de crédit personnelle d’un employé devrait être une pratique exceptionnelle qui devrait être évitée puisque cette pratique peut mettre en péril la situation d’un employé.

« On ne connaît jamais les détails de l’avenir d’une organisation. Cela arrive que des périodes particulières où des événements fassent que la trésorerie des organismes est certainement mise à rude épreuve. Il est fréquent que les organisations aient des périodes où la trésorerie est en difficulté et les façons de se dépanner de [cette situation] appartiennent à chaque administration », présente M. Provencher.

Éric Corneau prétend que depuis déjà un an, le conseil d’administration a mis en place une procédure pour qu’une telle situation ne se reproduise plus. « L’utilisation de carte de crédit personnelle n’est tout simplement plus autorisée pour les employés de l’AFN », tranche le président.