20 avril 2011 – Bien peu de partisans et d’observateurs auraient cru possible que le Canadien remporte deux victoires à Boston. Qu’il remporte ces victoires lors des deux premiers matchs pour se donner une avance de deux à zéro dans cette série, cela relève du miracle.
On ne peut même pas prétendre que les succès du printemps dernier pouvaient nous donner un indice sur ce départ victorieux. Après tout, lors des deux séries contre Washington et Pittsburgh, le Canadien a dû se rendre jusqu’au septième match.
Comme plusieurs, je me suis laissé influencer par les derniers matchs du Canadien contre Boston, alors que la violence semblait les menotter.
Ce n’est pas ce qu’on a vu dans les trois premiers matchs. Même lors du match remporté par Boston le 18 avril, Boston n’a jamais distribué beaucoup de mises en échec. Il s’est effectué 28 mises en échec par Boston lors de ce match, contre 27 pour Montréal. Paradoxalement, Boston a donné moins de mises en échec lors de sa victoire que lors des deux défaites précédentes; 29 lors du premier match et 35 lors du deuxième.
Autre statistique bizarre, le Canadien a perdu le match où il a accordé le moins de lancers au club bostonnais. En fait, lors de la victoire de Boston, le Canadien a dominé le match par 36 lancers contre 25 seulement pour Boston. Dans cette défaite, plus le match avançait, plus le Canadien s’affirmait. Mais le mal était déjà fait dans la première période.
Ce fait bizarre reflète bien ce qui s’est passé le printemps dernier. Cependant, je ne crois pas que ce soit un très bon plan de match que de décider d’accorder plus de lancers au club adverse.
Plusieurs analystes craignaient un relâchement du club montréalais en raison de ses succès à Boston. Je ne crois pas que ce soit la raison principale de la défaite lors du troisième match. Je crois plutôt que le surcroît d’adrénaline causé par la foule bruyante et exubérante du Centre Bell a joué en défaveur de Montréal. En un mot, les joueurs voulaient épater la galerie. Par exemple, sur le premier but de Boston, Spacek aurait dû assumer un rôle défensif. Il a plutôt tenté un jeu risqué pour maintenir la pression en zone de Boston, mais a échoué. Quelques secondes plus tard, la défensive du Canadien se trouvait hors position et Boston marquait l’important premier but.
Jusqu’à présent dans cette série, plus que le nombre de mises en échec, plus que le nombre de lancers au filet, c’est le premier but marqué qui a décidé du vainqueur. Mais comme on l’a vu dans les trois matchs, ce n’est pas la prise de risque qui a favorisé le premier but, au contraire. Presque chacune de situations où une équipe a pris un risque s’est retournée contre elle et a favorisé l’autre équipe.
Jacques Martin doit donc travailler à convaincre ses joueurs que le respect de leurs responsabilités défensives et un effort constant donneront de meilleurs résultats bien que ce ne soit pas très flamboyant. Un gain est amplement suffisant pour épater la galerie.