C’est un portrait pas très reluisant que la vérificatrice générale, Sheila Fraser, a brossé de tout le dossier de construction du pont de Deh Cho. On sait tous à quel point ce projet a été moussé rapidement, à la fin de mandat du dernier gouvernement.
D’entrée de jeu, je dois dire qu’on ne peut pas en vouloir au gouvernement d’avoir essayé d’aider les entrepreneurs locaux à tirer leurs profits de ce projet. Malheureusement, il l’a fait en assumant presque tous les risques. Et force est de reconnaître que cela lui a pété dans la face.
À la lueur des constatations de la vérificatrice générale, on peut facilement imaginer l’état d’esprit du gouvernement dans sa reprise en charge du dossier après les premiers échecs : le gouvernement essayait de sauver la face, et ce, de façon quelque peu précipitée.
Il lui fallait d’abord reconnaître que le prix du pont serait trois fois plus élevé que prévu, passant de 55 millions à 182 millions de dollars.
Je considère que le processus a été précipité, car selon la vérificatrice, il contient plusieurs omissions dans les mécanismes mis en place par le gouvernement, notamment la gestion du risque et l’évaluation des imprévus.
Ce dernier aspect (l’évaluation des imprévus) est d’autant plus important que la vérificatrice indique que la facture finale pourrait bien dépasser les 182 millions, le gouvernement ayant sous-estimé la valeur financiaire à affecter à ce poste budgétaire.
Le processus a été précipité, car la vérificatrice soumet également que l’échéancier de la construction ne sera probablement pas respecté.
Décidément, dès que la vérificatrice soulevait un point, l’image du gouvernement territorial n’était pas très rose.