Les remarques acerbes servies par le président de la Commission d’examen conjoint du projet gazier Mackenzie (texte de la page 1) semblent avoir surpris certains intervenants. À mon avis, la nature indépendante de cette instance de consultation justifie justement qu’on s’attende à une plus grande neutralité de la part d’un tel organisme.
On aurait pu être étonnés s’il s’agissait simplement d’une institution gouvernementale assujettie à l’agenda du gouvernement en place. Que ce soit pour protéger les intérêts économiques de leurs principaux donateurs à la caisse électorale du parti au pouvoir ou pour mousser une action précipitée qui soit payante sur le plan politique, les instances gouvernementales n’ont jamais les mains libres lorsque vient le temps de se prononcer.
La nature indépendante de l’organisme n’est cependant pas suffisante. On a déjà vu, par exemple, des dirigeants de certaines institutions indépendantes se faire les porte-parole des gouvernements simplement dans le but de s’assurer un avenir professionnel plus rose une fois leur mandat terminé.
Non, il fallait aussi que la personne en place soit d’une très grande intégrité et qu’elle fasse passer ses intérêts personnels à l’arrière-plan des grands intérêts de la population.
Malheureusement, après ce dernier cri du cœur, il y a fort à parier qu’une campagne de salissage et de dénigrement résumera la réponse des gouvernements soit directement soit par le biais de leurs lacquets.
Ou encore, comme le faisait remarquer le journaliste de L’Aquilon, ils vont simplement ne pas en parler, car, de toute façon, cet organisme n’existe plus.