Toutes sortes de sportifs se donnent rendez-vous à Hay River.
Lorsque l’on parle de compétitions d’athlétisme à Hay River, on parle d’un énorme rassemblement sportif et amical. Pour plusieurs, c’est l’occasion annuelle de revoir des connaissances et des amis dispersés un peu partout aux TNO. Les Franco-Ténois ne font pas exception; ils viennent d’Inuvik, de Fort Simpson, de Yellowknife ou de Fort Smith, ce qui permet d’entendre autour de la piste d’athlétisme les chaleureux « Allez, Allez », « C’est beau »; et « Vas-y, t’es capable ».
Venant de Yellowknife, Chris Coomber est inscrit à l’école Range Lake North. Il adore venir à Hay River au début du mois de juin. Ce francophone a gagné une médaille de bronze dans la catégorie PeeWee. Mais ce qui intéresse vraiment Chris, c’est de développer des techniques pour se surpasser. Alors qu’il courrait en tête de son 800 mètres, on pouvait le voir se frapper régulièrement la poitrine avec son poing droit. « J’aide beaucoup de jeunes à mon école, je leur donne des trucs que j’ai développés. Par exemple, je frappe parfois mon cœur pour simuler un deuxième organe et ainsi tirer meilleure partie de ma respiration », affirme-t-il. Il conseille également aux coureurs de ne pas se retourner et de courir en regardant la ligne d’arrivée pour ne pas perdre de précieuses secondes, ou encore suggère que si l’on a un poing au ventre, de se pincer très fort le coté de l’abdomen.
Pour Elye Clarkson, le championnat d’athlétisme de Hay River est définitivement amusant. Le jeune homme, qui en est à sa deuxième participation à cette compétition sportive, dit préférer la course et le saut au lancer. « Vraiment, je pense juste à finir, à me rendre à la fin de la course. Je ne pense à rien d’autre! », confie le jeune midget francophone qui en profite toujours pour socialiser avec les autres athlètes. Même si l’entraînement peut être parfois difficile, Elye aime s’y adonner!
« Nous avons des jeunes qui s’entraînent dans nos corridors à Inuvik, depuis le mois de septembre, car il y a toujours de la neige ou de la bouette à l’extérieur », précise, pour sa part, Éric Church, enseignant et entraîneur à Inuvik. « Les objectifs, c’est d’avoir du plaisir, c’est que nos jeunes apprennent quelque chose et qu’ils rencontrent d’autres gens », a-t-il partagé, en ajoutant que ces objectifs ont été atteints. Il espère d’ailleurs qu’Elye puisse avoir la chance de participer aux Jeux de la francophonie canadienne, qui se tiendront à Sudbury en juillet 2011. En attendant, le jeune garçon se préparera au prochain championnat.
Cet évènement ne serait pas aussi populaire si l’efficacité des officiels n’était pas irréprochable. La course au record est lancée chaque année, et c’est avec satisfaction que plusieurs sportifs repartent annuellement avec leur nom inscrit dans les annales du « piste et pelouse ». Karen Wall, enseignante à l’école Boréale, est restée perchée sur la plus haute marche des estrades officielles pendant toute la compétition. C’est à elle que revenait le rôle d’aviser les autres chronométreurs de se préparer à démarrer leur chrono au son du pistolet. « J’aime bien ce poste à la ligne d’arrivée. C’est exténuant de courir après des jeunes que tu dois superviser. Là, au moins, je suis concentrée et je suis toujours bien placée pour voir les courses », confie-t-elle. Le plus souvent, il y a plusieurs chronomètres qui se concentrent sur le premier sportif qui franchit la ligne blanche. Karen Wall explique que pour donner plus de crédibilité aux temps enregistrés, ce ne sont pas les chronométreurs qui désignent les vainqueurs, mais bien les officiels situés en face des chronométreurs : « Nous nous occupons du temps, et eux se concentrent sur le classement ».