Emrah Bulatci est reconnu coupable de meurtre au premier degré du gendarme Christopher Worden par le jury de la Cour suprême des TNO.
Le verdict est tombé le matin du jeudi 19 novembre 2009. Après seulement quatre semaines d’audience sur les sept annoncées, le procès d’Emrah Bulatci, s’est achevé sur le jugement unanime des douze jurés. Lorsque le porte-parole du jury s’est levé, il a énoncé en trois mots le résultat de leur délibération : Guilty as charged. Soulagée, la veuve du gendarme Worden qui se tenait au premier rang de cette Cour remplie, n’a pu refouler ses sanglots. Le tueur, assis au banc des accusés, a plongé sa tête entre ses mains jusqu’à la levée de l’audience, quelques minutes plus tard.
Dès le début du procès, Emrah Bulatci qui vendait de la drogue à Hay River en octobre 2007, avait prétendu avoir tiré sur l’agent de la Gendarmerie Royale du Canada qui le pourchassait, sans vouloir délibérément le tuer (deux balles dans les jambes pour le stopper, et deux balles accidentelles qui se sont logées dans le cou de l’agent). Les procureurs de la Couronne avaient quant à eux accusé l’homme de 25 ans, d’avoir asséné les deux fatales dernières balles avec l’intention de tuer le policier.
Entre le verdict et la sentence, la famille Worden ainsi que le commandant de la division G dont Chris Worden était membre depuis 2002 ont tenu à déclarer leur satisfaction. « Aujourd’hui, justice a été rendue », a débuté John Worden, le père du défunt. Entouré de sa femme, de ses trois autres enfants et de sa belle-fille, M. Worden a porté hommage à son fils qui a, selon lui, suivi ses instincts et savait que le désormais condamné devait être arrêté et placé hors de circulation. « Il est passé à l’action pour assurer la sécurité des résidents de Hay River », a-t-il proclamé.
Dans l’après midi, le juge Vertes a condamné Emrah Bulatci à l’emprisonnement à perpétuité avec une période de sûreté de 25 ans pour ce meurtre au premier degré.