Un peu comme tout le monde, j’ai été pris par surprise lors de l’annonce de la nomination de Jacques Martin comme entraîneur-chef du Canadien de Montréal. Depuis le congédiement de Guy Carbonneau, la plupart des chroniqueurs sportifs suivant le Canadien ont passé en revue les différents entraîneurs disponibles. Le marché n’était pas tellement bien nanti : plusieurs entraîneurs congédiés qui n’avaient pas encore trouvé preneur et quelques entraîneurs des rangs mineurs qui désiraient une promotion.
Les noms qui revenaient le plus souvent étaient ceux de Marc Crawford, Bob Hartley et Dan Lever. Depuis le remue-ménage au Minnesota, les noms de Jacques Lemaire et Mario Tremblay ont aussi fait la manchette. Il ne faut pas oublier non plus la possibilité que Patrick Roy fasse le saut dans la LNH a aussi suscité de l’intérêt. Quelqu’un quelque part a probablement aussi soulevé la possibilité de l’embauche de Pat Quinn ou Ted Nolan.
Mais jamais on n’avait pensé au directeur général des Panthers de la Floride.
Même si, en tant que partisan du Canadien, j’ai un droit inaliénable d’encenser ou de varloper Bob Gainey pour cette décision, je dois avouer que ma connaissance des candidats en lice est des plus réduites. Tout ce que je sais d’eux, ce sont surtout leurs statistiques globales ainsi que l’histoire de leurs embauches et de leurs congédiements.
Finalement, parce qu’il a été pendant plusieurs années entraîneur-chef des Sénateurs, une équipe que j’ai toujours affectionnée, Jacques Martin m’est beaucoup plus familier.
Première constatation, le Canadien s’est doté d’un entraîneur d’expérience. C’est le premier du genre depuis l’embauche de Jacques Demers. C’est la raison aussi pour laquelle je privilégiais les candidatures de Bob Hartley et Marc Crawford.
Deuxième constatation, les fiches globales de ces trois entraîneurs se ressemblent, car tous ont connu leur bonne part de succès en saison régulière. En série éliminatoire, Martin traîne cependant avec lui une série d’échecs de son club contre le rival torontois.
Je ne peux comparer les styles de ces entraîneurs principalement par manque de connaissance sur Hartley et Crawford. Je connais un peu mieux celui de Jacques Martin. Il prône un système défensif strict. Il y a plus que ça dans sa philosophie de coaching, mais cet aspect peut s’avérer important pour le Canadien.
En effet, si Gainey ne retient pas beaucoup de ses joueurs qui deviendront autonomes sans compensation en juillet, il y aura beaucoup de changement dans l’équipe d’ici l’automne. On peut même s’attendre à retrouver une dizaine de nouveaux visages dans l’alignement dont un nombre indéterminé de jeunes promus de Hamilton, notamment à la défense. Cela, conjugué à la jeunesse dans les buts, rend presque obligatoire que le club prenne la voie défensive.
Évidemment, dans la nouvelle LNH, adopter une stratégie axée sur la défense n’est plus synonyme avec de jeu sans belles pièces offensives. En effet, même des clubs qui favorisent des versions contemporaines de la trappe (Boston sous Julien et Détroit depuis des années) sont en mesure d’offrir de belles performances offensives et du jeu intéressant.
Dans le cas de Jacques Martin, je crois qu’il faudra être un peu patient avant de se prononcer sur son succès à la barre du club montréalais. Non seulement aura-t-il à composer avec plusieurs nouveaux visages dans l’alignement l’automne prochain, mais en plus toute l’équipe prendra quelques mois avant que ne soit rodé leur système de jeu.