Quatre sportifs aguerris en kayak et canoë s’apprêtent à relier les TNO au Nunavut en 60 jours. L’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY) apporte un soutien logistique au projet qui se déroulera de juin à août.
Roland Charest, directeur de l’AFCY, vérifie soigneusement chaque colis qui arrive à Yellowknife pour la future expédition appelée L’odyssée canadienne. Car l’Association est devenue le relais d’information et de réception du matériel de l’équipe qui s’apprête à relier les TNO au Nunavut en canoë au cours de l’été prochain.
« Il y a plusieurs mois, on a reçu un courriel de la part de personnes qui nous expliquaient l’aventure qu’elles préparaient. Moi j’ai trouvé ça fantastique et j’ai répondu que l’association serait prête à les aider. On est devenu leur référence aux TNO », explique-t-il.
Fin avril, M. Charest a reçu et entreposé des boîtes de nourriture lyophilisée et des pagaies. « Je vérifie toujours si les paquets sont corrects et si le contenu est conforme à la commande, souligne-t-il. On échange par courriel et ça les rassure de savoir qu’ils peuvent compter sur nous. »
De son côté, Loïc Gourmel exprime une gratitude enthousiaste envers l’AFCY. « On voudrait vraiment les remercier pour tout ce qu’ils font pour nous », dit-il, reconnaissant combien ce soutien logistique les rassure en permanence. Le groupe a déjà accepté de faire une émission en direct sur Radio Taïga avant le départ et à son retour. La médiatisation s’arrêtera là. « On veut garder un peu d’humilité par rapport à l’endroit où on va. »
Le défi consiste à voyager durant deux mois en totale autonomie et sans ravitaillement à travers le Nord. Le trajet reliera Yellowknife à Kugaaruk (Pelly Bay) en canoë et en traversant plusieurs portages. C’est donc une route orientée plein nord-est qu’ont choisi ces pagayeurs chevronnés.
D’origine française, ils habitent dans des régions différentes de la France. Ce sont des sportifs de pointe en kayak et canoë. Sans tambour ni trompette, ils préparent leur expédition en toute simplicité, car ils veulent se faire plaisir en relevant un défi personnel, en le partageant ensemble. Ils savent que leurs ressources fondamentales pour cette équipée en totale autonomie sont leurs compétences techniques en canoë ainsi que leur endurance. À eux quatre, Pierre Montaland, Loïc Gourmel, Loïc Marrel et Gilles Mélin ont parcouru des rivières sur plusieurs continents, dont la Nahanni en 1992 pour P. Montaland, et dans des niveaux d’eau très diversifiés (niveaux de I à VI, le VI étant proche du saut de la mort!).
« À quelques semaines du départ, on est très excités d’arriver et de commencer, dit Loïc Gourmel. On commence à sentir la pression monter dans les familles. Et on a hâte de se retrouver tous les quatre et d’arrêter nos réunions par internet. Pour des kayakistes en France, quand tu dis Grand Nord, tu imagines l’attrait de l’espace, les caribous, la toundra…On va passer dans des endroits où il n’y aura personne. » Le départ est prévu pour le 15 juin prochain.