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le Vendredi 21 novembre 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:37 Divers

Histoires de serpents et autres bestioles de même acabit

Histoires de serpents et autres bestioles de même acabit
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Comme bien des gens, j’ai une peur incontrôlée et incontrôlable des serpents. Pas question de raisonner quand il s’agit de ces bestioles. Je sais pertinemment que ce que nous avons dans nos latitudes ne s’appelle pas serpent, mais couleuvre, mais pour moi, ce sont des serpents.

Je vais vous raconter quelques anecdotes qui me sont arrivées au cours de ma vie. Trop à mon goût.

Une fois, je devais avoir huit ou dix ans, j’étais allée faire une longue balade en bicyclette. J’étais en pleine campagne, ce qui à l’époque, était à portée de main, si je peux dire, à Alma. Je remontais donc à pied une longue côte que j’avais descendue sur mon bolide, mais qui s’avérait trop à pic pour être remontée à bicyclette. Soudain, sous la roue avant passe une longue couleuvre. Horreur! La chair de poule m’a saisie, et hop! La pente insurmontable est soudain devenue praticable, et c’est sur ma bicyclette que j’ai fini de la gravir. Et c’est à vive allure que s’est achevé mon périple, chez une de mes tantes, qui s’est déployée à me calmer, car après cet exercice plutôt violent, je peux vous dire que j’ai mis un certain temps à retrouver le rythme cardiaque normal. Je me souviens de ma tante qui disait que j’aurais pu me morfondre. Mot affreux reflétant un grand émoi.

Plus tard, j’avais dans la vingtaine, lors d’un voyage au Mexique, j’étais à prendre une douche dans un camping. Je sifflotais, car la vie était belle, et le Mexique à découvrir. Soudain, à mon grand émoi, je vois un scorpion de bonne taille, juste à la hauteur de mes yeux sur le mur de la douche. Je sors à toute allure et vite j’enfile ma robe et me précipite dehors en criant. La personne responsable du camping est vite venue avec un balai et a écrasé la bête en disant Alacran. Moi, je croyais comme toute personne qui ne connaît pas une langue, que scorpion se disait scorpio. Et c’est ce jour-là que j’ai appris que ça se disait alacran, et je ne l’ai jamais oublié depuis.

Encore un peu plus tard, toujours en camping, mais cette fois au Lac St-Jean, je rentrais un soir pour me coucher dans ma tente montée pour l’été. Il était près de minuit. J’allume une allumette pour voir où je m’en vais et qu’est-ce que j’aperçois dans le coin de la tente, juste à côté de mon sac de couchage? Vous l’avez deviné, j’en suis certaine : une énorme couleuvre qui faisait près de quatre pieds. Je peux le dire, car je l’ai vue quand ils l’ont sortie, après. Moi, j’étais debout, sur la table de camping, à sangloter, alors que des voisins de tente sont venus sortir la bête. Wouach! C’est là que j’ai constaté qu’elle était de bonne longueur. Et dire que j’ai failli dormir avec! Rien que d’y penser, j’en frémis encore. Eh oui, j’ai réveillé mes voisins de tente, qui m’ont bien vite pardonné mon boucan quand ils ont vu la bête. Le lendemain, je contais ça auprès d’un ami qui m’écoutait les yeux grands ouverts et qui m’a dit que si ça lui était arrivé à lui, il serait mort. Donc, vous voyez, y’a pas que les filles qui ont peur des serpents.

Je continue mes histoires. Quelques années plus tard, je suis allée travailler dans la vallée de l’Okanagan pendant l’été, alors que j’étudiais à l’université. J’avais été engagée pour nettoyer un champ avec une autre Québécoise. Je savais pertinemment qu’il y avait des serpents à sonnettes dans cette région, mais à l’occasion, je l’oubliais, car jamais je n’aurais pu travailler là. Encore de nos jours, plusieurs personnes se font mordre chaque année dans la vallée, mais tous les hôpitaux de cette région sont équipés de traitements adéquats. Mettons qu’un adulte ne meurt pas, mais il est drôlement magané, si vous ma passez l’expression. Et un enfant peut en mourir. Donc, j’étais penchée, en train de ramasser je ne sais trop quoi, lorsque Danielle, qui travaillait avec moi, me dit pas fort : « Geneviève, enlève-toi de là, et ça presse. J’ai vite compris de quoi il s’agissait. Et j’ai entendu le crissement du serpent. J’ai pris les jambes à mon cou et j’ai sauté dans le pick-up qui était là, à côté. Je sais, j’aurais partir du mauvais bord et me fait mordre. Mais j’ai eu la chance de partir du bon côté. Pas besoin de vous dire que pendant plusieurs minutes, mon coeur a battu la chamade, et je n’ai pas voulu retourner travailler cet après-midi là, bien installée dans le camion, à guetter.

Enfin, la dernière histoire m’est arrivée l’été dernier. Je suis allée chez des amis, et Denise m’a raconté le serpent qui rodait autour de chez eux. Ils vivent à la campagne, près de St-Henri-de-Taillon. Il va de soi qu’il s’agit d’une couleuvre, mais d’un diamètre de près de trois pouces et d’une longueur de près de quatre pieds. Je sais, je vais traduire : diamètre de 6 centimètres et longueur de près de 125 centimètres. Vous voyez un peu. Non, je ne l’ai pas vue, la bête, mais pour la première fois, j’ai refusé d’aller aux noisettes (moi qui aime tellement ça). J’ai refusé d’aller aux framboises (moi qui déteste tellement aller cueillir ça). Bref, elle n’aurait pas du me dire ça, car c’est avec une grande prudence que je m’aventurais sur le terrain autour de la maison. Pour aller dans le jardin, je mettais de longues bottes de caoutchouc. Et je ne l’ai pas vue. Mais imaginez-vous donc qu’à peine venais-je de partir qu’ils l’ont aperçue. Je l’ai manquée de quelques minutes. Et comme d’après eux, il s’agit d’une femelle qui était enceinte (d’où sa grosseur), il est possible qu’il y en ait plein l’été prochain, quand je vais y retourner! Ou peut-être que je n’irai pas? J’ai tout l’hiver pour y penser.

Sur ces histoires, je vous laisse. Je suis certaine que vous en avez, vous aussi, des histoires de ce genre à raconter. de belles histoires de peur à raconter dans une tente qui ferme mal, dans un coin ou ça pullule de bestioles. Je plaisante!