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le Vendredi 10 octobre 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Économie

Transport: Passer par le haut

Transport: Passer par le haut
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La principale compagnie de transport maritime des TNO, la Société des transports du Nord Limitée (STNL), s’est associée à une compagnie hollandaise, Mammoet, pour former une coentreprise nommée AMIT. Spécialisé dans le transport maritime d’énormes modules d’équipement provenant de l’Asie vers l’industrie des sables bitumineux, AMIT naviguerait via l’Arctique, le fleuve Mackenzie et la rivière Athabasca. Cette compagnie combinerait l’expertise des barges ténoises avec le savoir-faire international du transport de grosses structures de la firme européenne et proposerait une alternative moins onéreuse au ravitaillement nécessaire à la croissance des projets d’exploitations des sables pétrolifères au nord de l’Alberta.

Récemment, lors de l’assemblée générale annuelle 2008 de la Chambre de commerce de Yellowknife, le directeur du projet AMIT, Martin Landry, a présenté les intérêts à voir cette route alternative passée par le Pole arctique. Déjà dans les années trente, l’équipement nécessaire à l’exploitation d’uranium à Port Radium aux TNO était acheminé par voie fluviale du Sud vers le Nord grâce à un portage près de Fort Smith. Le projet actuel propose d’améliorer les infrastructures portuaires le long du fleuve Mackenzie et de réutiliser le même chemin pour détourner les rapides de la rivière Slave qui séparent le Grand lac des Esclaves et le lac Athabasca, en Alberta. « On parle de modules d’équipement aussi gros que 2 000 mètres cubes, explique Martin Landry lors de son allocution. Le calendrier est très important alors que nous voulons utiliser des barges océaniques traversant l’océan Arctique pour rejoindre le terminal de Tuktoyaktuk. La fenêtre temporelle dans laquelle nous pouvons transporter les modules et retourner les barges dans des eaux libres de glace s’étant sur six à huit semaines. Le transfert sur des barges fluviales s’effectuerait à Tuktoyaktuk pour que ces modules rejoignent Fort Smith. À ce stade les modules installés sur des remorques mobiles automotrices parcourraient la route de graviers à la frontière de l’Alberta jusqu’à Fort Fitzgerald. Nous étudions encore les options pour rejoindre les clients potentiels à Fort Mackay. » M. Landry a ajouté que pour l’instant, AMIT prévoyait demander aux compagnies de faire venir des modules plus petits afin que les barges et leurs chargements puissent satisfaire à la boîte de navigation homologuée pour le futur pont du Dehcho.

En attente

NTCL a confirmé que si les clients sont encore potentiels, c’est qu’aucun contrat n’a encore été signé. Le projet est encore au stade de l’enquête préalable et les multinationales du pétrole ne voudraient pas faire d’erreur dans ces projets d’envergure complexes et souhaitent s’assurer au maximum de la faisabilité de ce service. Au niveau des différents gouvernements municipaux des TNO, cette opportunité crée une certaine attente vers un développement des infrastructures fluviales et maritimes ténoise. Le maire de Tuktoyaktuk, Mervin Gruben, a déclaré à L’Aquilon que dans l’ensemble ses citoyens voulaient qu’il se passe quelque chose. « Cela fait longtemps que nous voulons un nouveau terminal maritime pour le hameau. Que ce soit pour AMIT ou pour d’autres projets il est temps que les choses bougent pour que notre port soit amélioré », a dit le maire. Ce dernier a affirmé que les promoteurs n’avaient pas présenté de calendrier précis et qu’il croyait que ce projet nécessiterait d’élargir à quelque endroit le chenal le long du fleuve Mackenzie. Rob Hunt, le directeur d’Horizon North, la compagnie qui opère le quai de Tuktoyaktuk, confirme que rien n’est joué encore, mais que le quai devra subir de majeures améliorations aux frais des compagnies pétrolières pour accueillir ces charges extrêmement larges.

À Fort Smith, le maire Martselos est persuadé du bien-fondé de cette route nordique. « C’est quelque chose qui a déjà été fait, ils opèrent avec expérience, je pense. À Fort Smith, ils veulent installer des quais amovibles pour ne pas gêner la débâcle printanière. Il n’y pas vraiment d’impact environnemental négatif sur place », ajoute-t-il. Questionné sur la pression environnementale qui résultera de l’expansion de l’industrie pétrolière en amont de la rivière Slave, le maire a répondu que si ces compagnies doivent se développer, elles achemineront des infrastructures de toute façon. Il se questionne alors pourquoi les TNO ne devraient pas profiter de cette opportunité en donnant comme exemple d’autres ports d’entrée comme Vancouver ou Churchill qui pourraient très bien acquérir ce contrat à la place de Tuktoyaktuk et les TNO.