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le Vendredi 4 avril 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Économie

Le Syndicat entend se battre jusqu’à la fin Compressions dans la fonction publique

Le Syndicat entend se battre jusqu’à la fin Compressions dans la fonction publique
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Le Syndicat des travailleurs du Nord (STN) contre-attaque et entend prendre tous les moyens nécessaires pour contrer les mises à pied annoncées dans la fonction publique. Un fond d’un millions de dollars a été débloqué par le Syndicat pour parvenir à cette fin. Rappelons que le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) a envoyé en février des lettres à 135 de ses employés les avisant que leur poste pourrait disparaître suite à l’adoption du budget lors de la prochaine session de l’Assemblée législative, qui débutera le 22 mai. La grande majorité de ces fonctionnaires sont affiliés avec le STN.

Les représentants syndicaux veulent procéder à une importante campagne publicitaire pour sensibiliser la population aux conséquences de ces licenciements et les inciter à faire part de leurs inquiétudes au député local. La campagne prévoit aussi un lobbying directement auprès des différents députés pour qu’ils votent contre le prochain budget du ministre des Finances, Floyd Roland, qui est aussi premier ministre des TNO.

« Nous allons considérer des réductions qui vont nous permettre de vivre selon nos moyens », avait déclaré M. Roland à l’époque.

Le président du STN, Todd Parsons, se questionne sur la légitimité de cet exercice de compressions. « Nous comprenons que le gouvernement doit être responsable financièrement, [mais] je voudrais faire remarquer que c’est le même ministre des Finances qui, il y a 12 mois, avait parlé d’une croissance et d’un développement sans précédent aux TNO. Son discours était qu’il est temps d’investir dans les TNO. Qu’est-ce qui a changé dans les derniers douze mois? Personne n’a obtenu de réponse. C’est difficile pour le Syndicat d’accepter que c’est un exercice nécessaire », a-t-il déclaré, lors d’un point de presse, le 1er avril.

Privatisation de services?

Se fiant à des entretiens avec des membres visés par les compressions, M. Parsons a révélé l’intention du GTNO de privatiser certains services offerts par le gouvernement actuellement. Il a donné en exemple les aéroports de Fort Simpson, Fort Smith et Tuktoyaktuk où des opérateurs d’équipements lourds, des employés affectés au déneigement ou à la mécanique pourraient être mis à pied pour ensuite se faire offrir un emploi par l’entrepreneur privé qui prendrait en charge ces services.

Cette mesure toucherait tout au plus sept employés, mais au-delà de ces chiffres, le président du STN avise que cet exemple ne fait qu’illustrer les objectifs du gouvernement. Il a identifié que le secteur des transports serait notamment propice à la privatisation. Cependant, à l’instar de la population en général, M. Parsons a avoué qu’il en savait bien peu sur les intentions du gouvernement. Ses rencontres avec les hauts fonctionnaires du GTNO lui ont permis d’obtenir la liste des 135 employés visés par les compressions, mais sans plus. Pour le reste, le Syndicat se base sur des rumeurs et les discussions avec ses membres.

Le gouvernement muet

Du côté du gouvernement, on respecte le mot d’ordre qui est de garder le silence sur le dossier des compressions budgétaires. « Le gouvernement ne peut pas commenter le budget, car c’est un document confidentiel », a raconté Julia Mott, coordonnatrice des communications au Cabinet du GTNO. Elle n’a évidemment pas voulu confirmer si le futur budget prévoit la privatisation de certains services.

Todd Parsons dit ne pas comprendre la logique du premier ministre Roland qui affirme que la cure d’amincissement dans la fonction publique permettra de mener à terme certains projets d’infrastructure.

« Quand j’ai des problèmes financiers dans ma vie personnelle, par exemple, je ne vais pas commencer à acheter des voitures ou des maisons non nécessaires. Ce gouvernement continue de construire des ponts, des routes, des écoles et autres infrastructures. Je pense que, lorsque nous avons des problèmes financiers, ces secteurs devraient être laissés sur la glace, jusqu’à temps que nous soyons capables de stabiliser la situation », a-t-il signalé.