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le Vendredi 21 mars 2008 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Les Jeux sont terminés, vive les Jeux

Les Jeux sont terminés, vive les Jeux
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Ouf! La frénésie des Jeux d’hiver arctiques s’est finalement estompée à Yellowknife, dimanche dernier, alors que les feux d’artifices pétaient joyeusement sur le lac Frame et qu’on balayait les confettis à l’aréna Multiplex.

Avec 202 « ulus » autour du cou de ses athlètes, c’est la délégation de l’Alaska qui ressort grande gagnante de ces 20e olympiades nordiques internationales. Mais, médaille ou pas, tous les participants s’en sont retournés chez eux avec la récompense d’horizons plus grands, d’amitiés nouvelles et de rêves pleins la tête. Parlez-en à ce garçon groendlandais et cette fille yukonnaise qui s’embrassaient à bouche que veux-tu, une larme roulant sur leurs joues, lors des cérémonies de clôture.

Hormis les inévitables blessures, aucun n’incident majeur n’est venu gâcher la grande fête du sport et de la culture qui a réunis durant 10 jours 1713 participants de tout le monde circumpolaire. Chacun y a trouvé son compte. Comme l’a souligné le ministre des Affaires indiennes Chuck Strahl, présent aux cérémonies de clôture, « tous les participants ayant fait de cet événement une réussite sont les étoiles les plus brillantes de l’horizon nordique et c’est eux qui ont fait de chaque athlète un vainqueur et de chaque invité, un ami. »

Une francophonie présente

Pour la francophonie ténoise, et l’Association franco-culturelle de Yellowknife en particulier, les Jeux ont offert une vitrine sans précédent pour étaler la richesse de leur culture au grand jour. « On a tout mis pour que la visibilité soit là pour la francophonie », commente le direceur général de l’AFCY, Roland Charest, qui mûrissait son grand projet depuis août. «On était partout. »

Les Franco-ténois étaient en vue au chapiteau, où ils opéraient un kiosque d’information et une cabane à sucre. Mais aussi au musée Prince-de-Galles, où l’on avait monté une exposition sur l’histoire des francophones aux Territoires du Nord-Ouest, et au Elks Hall où les œuvres des artistes francophones étaient mises en valeur.

Roland Charest, qui faisait du bénévolat comme portier à l’un des nombreux dortoirs emménagés dans les écoles de Yellowknife, raconte l’étonnement des délégations de voir la francophonie si dynamique. « Les gars nous disaient ‘coudonc, y’en a bien des Français, ici’ », rigole-t-il. Mais le coup fumant de l’AFCY aura sans doute été d’avoir clôturé les jeux en français. En effet c’est le groupe hip-hop acadien Jacobus et Maléco et la troupe de danse traditionnelle Créartik, formée de jeunes francophones et francophiles de Yellowknife, qui ont fermé les Jeux. Alors qu’ils n’étaient d’abord censé que se produire en semaine dans le cadre du volet culturel de l’événement, l’organisation des Jeux a tellement aimé leur prestation qu’ils en ont fait les têtes d’affiche des cérémonies de clôture.

Croisés à leur sortie de scène, les rappeurs se sont dit très heureux d’avoir pu jouer pour des jeunes de tous ces pays différents. Jacques Doucet, alias Jacobus, dont c’était la première visite à Yellowknife où son compère à élu domicile l’an dernier, a somme toute apprécié son excursion nordique. «

 C’est froid, les cigarettes sont chères, le night life est pas si pire et le monde est super accueillant », énumère celui qui réside à Moncton au Nouveau-Brunswick.

Un précédent culturel

On en a assez peu parlé, mais ces 20e Jeux d’hiver arctiques étaient les premiers à comprendre un volet culturel complet. Pour la première fois le talent nordique a été célébré dans des disciplines les plus diverses : arts de la scène, arts visuels, photographie, vidéo et même design de mode.

Durant les Jeux, deux courts-métrages ont été réalisés par des vidéastes en herbe qui étaient épaulés par des professionnels. Le réalisateur d’Aklavik Dennis Allen, qui réside maintenant au Yukon où l’on est, dit-il, plus ouvert à la production audio-visuelle, a aidé Jon Antoine, un jeune de Fort Simpson, à boucler son tournage. Il se dit agréablement surpris du talent de son protégé. « J’essaie de le convaincre d’aller étudier le cinéma en Colombie Brittanique », a-t-il confié à L’Aquilon.

L’artiste du contreplaqué Diane Boudreau a aussi profité des jeux pour créer. Tout en offrant des ateliers d’arts aux participants, elle a produit une sculpture colossale représentant la discipline du trampoline inuit. « Moi l’activité que je préfère aux Jeux d’hiver arctiques, c’est le blanket toss, explique-t-elle. C’est mon sport préféré ». L’œuvre sera exposée prochainement à l’édifice Greenstone, au centre-ville de Yellowknife.

Le grand architecte de ce tournant artistique, le metteur en scène et acteur Ben Nind, espère que l’exemple de Yellowknife créera un précédant et que les prochains Jeux comprendront à leur tour un volet culturel aussi élaboré.

Le prochain grand rendez-vous du sport et de la culture nordique aura lieu en 2010 à Grande Prairie, dans le nord de l’Alberta.