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le Vendredi 31 août 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Une mairesse meurt, une ville se retrouve orpheline

Une mairesse meurt, une ville se retrouve orpheline
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Je n’ai pas la prétention de vous apprendre quelque chose en vous disant que madame la mairesse Boucher est morte. Si vous ne le savez pas à l’heure qu’il est, c’est que vous étiez sur la lune ou mars, et encore. Par contre, je peux vous parler de l’émotion ressentie par les concitoyens de cette femme remarquable.

Aujourd’hui, je suis allée faire des courses, comme à l’habitude, mais contrairement à l’habitude, la discussion qui se retrouvait sur toutes les lèves était le décès de Mme Boucher. Combien de personnes ai-je entendues dire que la mort subite de la mairesse les touchait profondément? Je ne saurais les compter! Le nom de la mairesse était sur toutes les lèvres à Québec aujourd’hui. Et bien sûr, sa célébrité avait dépassé les frontières de cette ville qu’elle gérait de main de fer, et sa réputation n’était plus à faire dans le Québec en entier.

ll y a belle lurette que je la connais, cette mairesse, et je dois avouer que je n’ai pas toujours été en accord avec ses prises de position. Plusieurs fois, elle m’a fait hurler avec ses décisions et sa façon intempestive de dire les choses. Au départ de M. Jean-Paul Lallier, aux dernières élections, je vous avoue ne peut-être pas avoir souhaité la venue de l’ancienne mairesse de Ste-Foy à Québec. Je trouvais qu’elle était souvent peu nuancée et qu’elle avait exagéré dans sa défense contre les fusions. Mais peu après sa victoire spectaculaire, je me suis rendue à l’évidence : la mairesse travaillait pour ses concitoyens, et elle se dévouait corps et âme pour la ville de Québec. Et peu à peu, comme bien d’autres, je me suis attachée à cette personne entière, qui n’avait pas d’agendas cachés, qui s’exprimait si franchement sur la place publique, et qui savait si bien rire de certaines situations cocasses, avec son rire qui lui ressemblait : franc et jovial.

Dans le journal Le Soleil, de Québec, sa ville, il y avait deux caricatures très respectueuses, en hommage à Mme Boucher.

Sur l’une d’elles, on la voit en ange, avec une robe très colorée et qui avait été très controversée, lors d’un de ses périples à Paris, en mission officielle. Croyez-vous qu’on aurait ainsi monté en épingle la chemise ou la cravate d’un homme d’État. On s’est bien attardé sur cette robe. Enfin, on la voit avec cette robe faisant office d’ailes d’ange. Sur l’autre caricature, on voit le Bonhomme Carnaval pleurer à chaudes larmes, c’est tout.

Et on ne peut faire autrement que de se demander qui va remplacer cette femme quasi-irremplaçable, en cette veille du 400e anniversaire de la Ville de Québec qui s’en vient à grands pas. Car il ne faut pas oublier que malgré le Comité en place, dont plusieurs membres ont démissionné il n’y a pas très longtemps, c’était elle le grand chef d’orchestre de ces grandes célébrations. Elle avait une vision d’envergure pour sa ville chérie. Elle aimait Québec et ses citoyens, et ces derniers lui rendaient bien.

Il n’y a pas beaucoup de femmes, que ce soit au fédéral, au provincial ou au fédéral, qui auront marqué autant la scène politique. Souhaitons-lui maintenant ce grand repos qu’elle a bien mérité, mais qui est arrivé un peu tôt à l’avis de plusieurs, dont le mien. Adieu, Mme Boucher!