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le Vendredi 17 août 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Quand Yellowknife nous suit, ou devrais-je dire, nous poursuit

Quand Yellowknife nous suit, ou devrais-je dire, nous poursuit
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Ça fait maintenant plus d’un an que j’ai quitté le Grand Nord, pour venir m’installer à Québec. Il va sans dire que tout ce branle-bas a demandé une certaine adaptation, pour ne pas dire, une adaptation certaine. Après avoir passé plus de 16 années à Yellowknife, pas toujours évident d’aller faire son nid ailleurs.

Disons que la première chose à laquelle il faut faire face est l’absence des amis de longue date. Pas toujours évident de faire la coupure avec les amis qu’on a fréquentés pendant des années, avec qui on a campé, pêché (je parle de pêche), mangé et bu, magasiné, discuté, avec qui on a vécu, quoi.

Autre chose qu’il faut affronter, c’est de faire un nid dans une ville maintenant devenue étrangère, après toutes ces années. Mon choix de Québec ne s’est pas fait sans réflexions et jonglages. Quand je suis partie pour le Nord, j’habitais Montréal. Mais après avoir habité une ville d’à peine une vingtaine de milliers d’habitants, la ville de Montréal ne semblait plus adaptée à mes besoins, et Québec me semblait mieux convenir à ces nouvelles attentes qui seraient les miennes, tant en raison de son nombre d’habitants pas trop élevé, que de sa proximité avec la nature. De plus, étant originaire du Lac-Saint-Jean, la ville de Québec est située de façon idéale, entre Montréal et le Saguenay-Lac-Saint-Jean. En quelques minutes, on se retrouve en rase campagne, voire même dans le bois, quand on prend la route menant au Saguenay. Si l’adaptation s’est faite sans trop de douleur, la communication avec le Nord ne s’est pas arrêtée là.

Au début, une jeune étudiante qui avait déjà travaillé au bureau de la traduction avec nous, pour un travail d’été, s’est retrouvée à étudier à l’Université Laval pendant une session. Ce fut là une occasion de renouer avec le Nord. Il va sans dire que je passe sous silence les communications que j’entretiens avec les amis chers, amis de toujours. Et voilà que des amis, résidents de Yellowknife, quittent le Nord pour venir s’installer ici au Québec, à quelques centaines de kilomètres, mais où je peux me rendre en deux ou trois heures. L’accessibilité quoi! La distance est quand même importante, mais tellement franchissable par rapport au Nord!

Et voilà que cette semaine, en allant à l’épicerie, que je rencontre deux jeunes que j’avais rencontrés dans le Nord et qui avaient travaillé pendant un moment, entrecoupant leurs études universitaires. Cette rencontre est chaleureuse, d’autant plus qu’elle est imprévue. Et ces jeunes sont maintenant les parents de deux jeunes enfants. Yellowknife continue de me suivre.

De passage à Montréal, je vais saluer un ami connu à Yellowknife et qui tient maintenant boutique dans le Vieux-Montréal. Ensemble, on se remémore de lointains souvenirs et on salue vivement ce Grand Nord qui nous a permis de faire connaissance, tout en trinquant aux bons moments passés et présents.

Et je me dis que depuis que j’ai habité dans le Nord, le monde a rapetissé, car nombreuses sont les personnes qui connaissent quelqu’un dans le Nord, et fréquemment, ces personnes, je les ai connues, ou je sais qui elles sont.

Et bien sûr, je ne parle pas des visites qu’on a, à l’occasion, par hasard, comme cette personne rencontrée en septembre dernier, qui venait assister à des réunions d’enseignants, et que j’ai eu le grand plaisir de rencontrer.

Et que dire des gens rencontrés en voyage et qui ont un parent ou un ami qui habite là-haut.

Oui, ça fait déjà plus d’un an que géographiquement, je suis partie, mais dans mon coeur, j’ai laissé une partie de moi dans le Nord, et continuellement, la vie se charge de me rappeler cet état de fait. Et n’ayez crainte! Quand je regarde la météo, je suis plus intéressée à savoir la température à Yellowknife qu’à Québec. Que voulez-vous, c’est ainsi! Comme le dit le proverbe : On peut sortir la fille du Nord, mais pas sortir le Nord de la fille.

Là-dessus, j’espère que vous passez un bel été. Je vous dis à la prochaine! aquilon@internorth.com