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le Vendredi 22 juin 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

« J’étais vous! »

« J’étais vous! »
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Lorsque Clara Hughes voit des jeunes ennuyés par la morosité de l’adolescence, elle se voit en eux. Selon ses propres dire, avant de se donner corps et âme dans le sport, la jeune femme était totalement à la dérive au cours de son adolescence.

Cette jeunesse difficile, vécue dans les rues de la partie nord de Winnipeg, n’a pas empêché Clara Hughes de remporter un total de cinq médailles olympiques, dont une médaille d’or aux derniers Jeux d’hiver, à Turin. En fait, Clara Hughes est la seule Canadienne à avoir accompli l’exploit de remporter des médailles aux Jeux d’hiver, ainsi qu’aux Jeux d’été. Dans l’histoire olympienne, elle n’est que la quatrième personne à réussir ce fait d’armes.

C’est donc avec un message d’espoir que Hughes s’est présentée à Hay River pour s’adresser aux délégués prenant part à la Conférence territoriale sur les sports et les loisirs, qui se tenait du 14 au 17 juin.

Car s’il devait y avoir un portrait type de la championne olympique, Clara serait d’emblée éliminée de la course. « J’ai eu une jeunesse dure où la drogue et l’alcool étaient présents dans mon entourage. J’avais aussi des mauvais résultats à l’école », a-t-elle d’ailleurs confié lors d’une discussion sur l’engagement des femmes et des filles dans le sport. Selon Clara Hughes, ses problèmes ont été réglés au moment où elle a enfilé des patins pour les poser sur un anneau de glace.

« Je ne viens pas d’une famille d’athlètes et j’ai eu beaucoup de problèmes quand j’étais jeune et je considère vraiment que les sports m’ont sauvé la vie. Je pense que c’est important de partager ça avec les gens », dit-elle simplement.

Il faut dire que, comme plusieurs athlètes de haut niveau, Clara Hughes est souvent invitée à partager son expérience. « Tout ce que je peux emmener, c’est moi et ce que je suis, c’est-à-dire une série d’expériences. Je ne fais que partager ça avec les gens ».

L’athlète olympique comprend qu’à l’adolescence, les jeunes perdent l’intérêt pour le sport. Elle insiste néanmoins pour qu’ils gardent espoir. « J’aimerais dire aux jeunes que j’étais eux! Et que le monde entier leur est ouvert. Ils peuvent faire n’importe quoi, mais il faut savoir établir des liens avec eux ».

S’il est vrai qu’une athlète olympique en a toujours long à raconter aux gens et en connaît plus que sa part sur la motivation, Clara Hughes ne cache pas sa soif d’apprendre des plus jeunes. Au sein de l’équipe canadienne, par exemple, elle se dit consciente d’être un centre d’attraction pour les recrues. « Ce qu’ils ne réalisent pas, c’est que je les regarde aussi et j’apprends d’eux. Ils gardent mon esprit ouvert ».

L’athlète olympique n’en était d’ailleurs pas à sa première visite aux Territoires du Nord-Ouest. En 2002, elle et son conjoint ont parcouru la route Dempster en vélo. « J’avais toujours entendu à quel point les gens d’ici sont merveilleux et authentiques. Chaque jour, mon mari et moi avons vécu des expériences avec les habitants du Nord et chaque fois, on retrouvait la gentillesse et la réalité ».

« Le Nord est un endroit rude comme nulle part ailleurs et, ici, tu te dois d’être vrai pour survivre, avoir des amis et faire partie de la communauté », relate la jeune femme, convaincue que le Nord n’est pas bien compris des gens du Sud.