le Mardi 17 février 2026
le Vendredi 13 avril 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

Trois films réalisés en trois jours

Trois films réalisés en trois jours
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Avec les moyens du bord, trois courts-métrages ont été tournés à Yellowknife durant le congé de Pâques. Les réalisateurs de ces films d’une durée moyenne de 3 à 10 minutes, participaient à un atelier avec le réalisateur d’Inuvik Dennis Allen organisé par la coopérative de vidéastes Western Arctic Moving Pictures.

En l’espace de trois jours, ils ont imaginé une histoire originale, écrit un script, dessiné un scénario-maquette, tourné le film et monté leur création. Plusieurs d’entre eux n’avaient aucune expérience en cinéma.

L’exercice était stressant, mais la hâte force la créativité. C’est ainsi qu’une histoire d’amour entre deux bonhommes de neige, un film burlesque sur l’itinérance et un drame à propos d’un photographe à la recherche de l’essence de Yellowknife ont été réalisés – quoique tous admettent avoir encore des détails à ajouter avant de s’écrier « fini ! ».

L’expérience aura permis, dans une coop où les artisans sont pour la plupart des amateurs qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer à la vidéo, de démontrer qu’il est possible de travailleur dans l’urgence. « Ça fait des années que je cherche une équipe de tournage et là on a tout fait ça en une fin de semaine », constatait un peu pantois Alexandre Beaudin à la fin de l’atelier.

Pour une création nordique

Au centre de cette aventure artistique : Dennis Allen, un réalisateur et scénariste déterminé à créer dans le Nord.

Celui qui a déjà donné ce genre d’atelier à Paulatuk et à Inuvik raconte avoir fait ses premières armes sur le plateau de la série dramatique Au nord du soixantième où il avait obtenu un stage en éclairage après des études de cinéma en Colombie-Britannique.

« Quand j’ai rencontré le réalisateur, il n’en revenait pas. J’étais son premier indien du Nord! Il faisait une série sur nous et il n’avait aucune idée de ce que c’était de vivre dans une petite communauté du Nord.. »

Après cette expérience, il travaille sur d’autres projets çà et là, mais revient bientôt dans le delta du Mackenzie résolu à faire des films authentiques sur le Nord. En 2001, il tourne un court-métrage à Dettah, Some Place Better, qui le mènera au célèbre festival de films indépendants Sundance. Depuis, il s’efforce de réaliser dans le Nord. Il évoque de nombreux projets de fiction et de documentaire, même une sitcom. L’été dernier, il a porté à bout de bras un projet de festival de films à Inuvik.

Dennis Allen arrive à vivre de son art, mais il déplore cependant que les grands réseaux de télévision, quand il les approche, le réfèrent constamment à APTN, la chaîne autochtone. « Il y a cette idée que nos histoires n’intéressent pas le Sud », note-t-il.

C’est un peu pour cela qu’il se rend volontiers dans les communautés des TNO pour inciter le plus de gens possible à créer des images authentiques de l’esprit nordique. En fin de semaine, il a planté une autre graine qui n’attend qu’à germer.

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Une projection des films créés durant cet atelier est à venir. Consultez votre journal.