Lors de la récente réunion du Conseil territorial des présidents et présidentes à Yellowknife, un document proposant un éventuel rapprochement entre Radio Taïga et L’Aquilon a été déposé aux près des représentants des conseils d’administration des différentes associations, fédérations et organismes qui constituent le cœur administratif de la francophonie des Territoires.
L’idée d’une fusion des deux médias francophones des TNO n’est pas nouvelle. Alain Bessette, directeur général de L’Aquilon, s’est basé sur des sondages et des tentatives antérieurs pour déposer un document soulignant les facteurs favorables ainsi que les obstacles qui accompagnent ce rapprochement.
« Principalement, commente-il, je visais à obtenir des informations des gens résidant à l’extérieur de Yellowknife, car dans un sondage de 2005, 82% des personnes sans opinion sur le rapprochement n’habitaient pas la capitale ». Sans surprise, la réponse générale de ces Ténois était qu’ils concevaient bien les bénéfices d’un rapprochement, mais que la façon dont cela devait s’organiser ne les touchait pas. Pour eux il est plus important de savoir comment la radio pourrait devenir accessible en région.
Comment est-ce possible ?
Plusieurs hypothèses sont mentionnées dans le document présenté, chacune avec un niveau croissant de changements sur la structure des organismes médiatiques. De la collaboration volontaire des employés, jusqu’à la fusion administrative et démocratique complète.
En ce moment, le journal est administré par le même conseil que la Fédération franco-ténoise, tandis que la radio répond d’un comité au sein du CA de l’Association franco culturelle de Yellowknife. Malgré l’intégrité respectée de ses journalistes et son autonomie éditoriale, L’Aquilon, sent le besoin de se distancer de la consonance politique du conseil de la FFT. M. Deneault, le président de ce CA, indique que la réflexion est entamée depuis quelque temps. « De toute façon l’établissement d’un sous-comité pour supporter les efforts de l’aquilon est imminent », déclare-t-il. Le directeur général de la FFT, Léo-paul Provencher, assure que beaucoup de chemin reste à faire si ces organismes veulent ultimement fusionner. « Personne ne remet en cause les liens entre les deux médias et les bénéfices d’un rapprochement, mais c’est par des actions communes que cette union peut se concrétiser » conclu-t-il.
Du côté de Radio Taïga, que se soit le directeur Alpha Sow, ou le responsable de la programmation Rudy Desjardins, ils préconisent d’avancer tout d’abord sur les services offerts aux auditeurs et aux clients. « Nous pouvons travailler nos forfaits publicitaires afin de courtiser un peu mieux le secteur public, car les annonces gouvernementales assurant des bénéfices constants utilisent beaucoup moins les radios que les journaux», avance Alpha Sow.
« Il faut aussi instaurer un autre poste à temps plein pour assurer, entre autres, les fonctions de recherche et de diffusion des nouvelles, c’est le vœu de notre auditoire d’avoir une collaboration des médias », renchérit Rudy Desjardins.
« Quand les services seront retouchés, que la radio pourra fournir des preuves de sa stabilité financière, et prouver aux membres du CA de l’AFCY qu’elle peut se prendre en charge, l’union avec le journal sera une étape de plus dans leur évolution », de conclure le directeur de Radio Taïga.