le Mercredi 6 mai 2026
le Vendredi 2 février 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Santé

Loi réglementant les produits du tabac: Ça risque de s’arrêter là!

Loi réglementant les produits du tabac: Ça risque de s’arrêter là!
00:00 00:00

Profitant de la semaine nationale sans fumée, une campagne nationale établie depuis 1977 par Santé Canada, le gouvernement des TNO. a mise en place une loi qu’il avait adoptée en mars 2006. La Loi réglementant les produits du tabac est un supplément au règlement municipal de Yellowknife étendu à l’ensemble du territoire qui interdisait que l’on fume dans les lieux publics, tels les bars, les bureaux, et les écoles. Ces récents éléments mis en place, sont une nouvelle étape vers une société sans fumée.

Dans tous les magasins, dépanneurs ou autres, les enseignes promotionnelles ainsi que les étalages des produits ne doivent plus être visibles. Les pharmacies, considérées comme un lieu fournissant des produits contribuant à la santé, ne peuvent vendre aucun produit du tabac ou accessoires, comme le papier à rouler et autres. Les terrasses des restaurants deviennent sans fumée et finalement les distributeurs automatiques de cigarettes sont abolis dans les lieux publics. Notons qu’une clause permet néanmoins l’utilisation du tabac dans les rituels autochtones.

Pour appuyer la nouvelle loi, Damien Healy, le porte-parole des communications du ministère de la Santé et des Services sociaux, indique « c’est une longue histoire, ça fait depuis des années que le processus est enclenché. Après l’adoption de la loi, nous trouvions effectivement que le moment opportun à l’aboutissement de tous ces efforts devait être pendant la semaine sans fumée de 2007. Ça nous laissait le temps de sensibiliser les propriétaires détaillant les cigarettes, et de les informer des nouvelles mesures applicables dans leurs magasins ».

En concret, vous avez déjà remarqué lors de votre dernière épicerie que des rideaux, des stores ou du papier brun se sont glissés entre vos yeux et les couleurs rouges, bleues, blanches et vertes des paquets agrémentant généralement l’arrière-plan du sourire de madame la caissière. Cela vous a sûrement étonné, mais c’est pour votre bien !

Chez les commerçants, de l’avis de plusieurs, ça ne change pas grand-chose. « Premièrement les ventes n’ont pas été affectées. C’est un peu tôt pour le dire, mais les gens ont des habitudes et ce n’est pas le fait de leur cacher leur vice qui va les changer » affirme Jeff un gérant d’épicerie. Il précise que ça ne lui occasionne aucun désagrément pour servir ses clients et que c’est une modification qui ne le gêne pas du tout. « Malgré tout, argumente-t-il, le gouvernement continu à nous vendre des licences de distribution de tabac à bas prix et récoltent aussi des montants faramineux provenant des taxes ».

Un autre gérant répond que la seule chose que le gouvernement à fait pour l’application de la loi dans son magasin, c’est de lui donner deux petites affiches et un autocollant stipulant que c’est nuisible de fumer. Le reste devait être organisé de son bon vouloir.

Lena, qui travaille dans un dépanneur, assure que le seul inconvénient était de trouver un endroit où ranger les paquets. « Je pense que pour le business ce n’est pas une bonne chose, les gens n’ont plus le choix, ils sont obligés de demander leur marque et ne savent jamais s’il nous en reste ou non. Mais d’un point de vue personnel je trouve que c’est une très bonne initiative, surtout pour les jeunes. D’ailleurs si je vois un jeune devant mon comptoir pendant les heures de classe, je le renvoie directement à l’école. Mais de toute façon, c’est la loi, et je suis consciencieuse avec ça, car il y a toujours des retombées négatives à les transgresser ». En effet, questionné à ce sujet, Damien Healy garantit que les magasins récalcitrants reçoivent un avertissement de vingt-quatre heures, et ensuite des amendes de 1500 $ si la fraude n’est pas corrigée; ces amendes peuvent atteindre un maximum de 150 000 $ si l’entreprise récidive.

Cet engagement est inévitablement dirigé vers un meilleur environnement pour les jeunes des Territoires. « Sans aucune sollicitation dans le champ visuel des enfants nous aidons à débanaliser l’usage du tabac. C’est un coup de pouce pour les programmes que nous avons déjà mis en place pour inciter les jeunes à ne pas fumer » explique Healy. « Nous disposons aussi d’un site Internet pour appuyer notre campagne Fais pas ton ButtHead! » ajoute-t-il. Les intéressés apprendront plein de faits saignants sur les effets néfastes du tabac. Les jeunes peuvent aussi s’engager à vivre sans fumée. En visitant www.dontbeabutthead.ca et la liste des participants on découvre que des centaines d’enfants provenant de toutes les régions du territoire ont déjà prêté serment.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, semble déterminé à faire meilleure figure au niveau des statistiques canadiennes. En 2004, 19% des jeunes Canadiens fumaient, alors qu’un jeune ténois sur quatre était un fumeur. On note en 2006, que l’usage du tabac atteint ici un taux deux fois plus élevé que la moyenne nationale.

Une question demeurait pourtant. Le gouvernement ténois envisage-t-il d’autres étapes pour atteindre une société sans fumée ? À M. Healy de répondre « pour l’instant, nous sommes contents d’appliquer notre loi, et nous sommes satisfaits du point où nous nous sommes rendus ». Que pensez de cette attitude : J’éteins ma cigarette dans le cendrier mais vous pouvez toujours attendre pour que je le vide !

Il reste énormément de chose à faire pour libérer les enfants, les non-fumeurs et surtout les fumeurs de l’accoutumance nocive à la cigarette. En outre, le GTNO pourrait emboîter le pas aux provinces de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et de la Colombie-Britannique, et bénéficier du programme d’abandon du tabac en milieu hospitalier. Une somme de 158 000 $ provenant du gouvernement canadien alimentera ce programme qui touche 20 hôpitaux des trois provinces. Une aide aux fumeurs qui veulent enrayer leur mauvaise habitude en pouvant gérer le stress dans un milieu hospitalier sans en faire subir les conséquences à leur famille. Il y a beaucoup d’autres solutions pour un gouvernement pour assainir son air et la santé de sa population, mais n’est-il pas vrai que la meilleure façon de vivre sans fumer, c’est que le citoyen prenne lui même la décision de jeter son paquet.