Après avoir réussi à contempler les pyramides, nous nous promenons sans le groupe, un après-midi au Caire. Ça fait du bien de ne pas être en troupeau, même si le troupeau rassure à l’occasion. Nous ne nous aventurons pas très loin, mais nous réussissons tout de même à aller faire quelques achats et à envoyer des messages d’un café Internet.
Un après-midi au Musée du Caire nous éblouit par ses richesses. Toutes les trouvailles du temple de Toutankhamon sont là, y compris le fameux masque tellement connu.
Je n’ai pas voulu vous alarmer par la saleté de la capitale égyptienne, mais nous sommes éberlués : c’est un égout à ciel ouvert. Les détritus jonchent le sol partout. On se demande quand ils ramassent les vidanges. Ils sont certainement ramassés, car sinon, les Cairotes seraient ensevelis sous les vidanges. Au retour des pyramides, près d’un bras du Nil (d’une saleté mirobolante sous cette latitude), on a observé les carcasses de quatre chevaux abandonnées le long de l’eau, les ventres gonflés, sur le point d’éclater, et qui iraient finir leurs jours dans les eaux du respecté fleuve.
Nous nous dirigeons ensuite vers Louxor en avion, point de départ de notre croisière de huit jours sur le Nil. Déjà, à Louxor, le Nil est moins jonché de débris qu’au Caire, mais quand même. Je ne m’y baignerais pas et n’y laverais même pas mon linge. Mais j’ai vu des gens s’y baigner. Ils sont immunisés, me direz-vous? Je ne crois pas qu’on devienne immunisé à un certain degré extrême de pollution. N’oubliez pas que ce fleuve traverse le Soudan et l’Égypte pour se jeter ensuite dans la Méditerranée. Pas surprenant qu’il soit rendu à ce point en mauvais état.
Par contre, en le remontant, vers Assouan, on remarque une amélioration par rapport à Louxor. Les ruines et les tombeaux pharaoniques se succèdent, au cours de notre descente du grand fleuve : Kom Ombo, Esna, Edfour. Les beautés d’une époque déjà bien ancienne nous émerveillent au plus haut point. Et il ne faudrait surtout pas que j’oublie Karnac et le temple de Louxor, temples de l’époque de Ramsès II, situés dans la ville du même nom, autrefois appelée Thèbes.
Malheureusement, c’est au temple de Louxor qu’un groupe de terroristes s’emparèrent d’un autobus de touristes français et les exterminèrent tous, en 1996. Après cette époque mémorable, le tourisme a terriblement souffert en Égypte et commence à peine à se remettre et risque à nouveau de s’effondrer, car les terroristes ont commencé à faire sauter des bombes le long de la mer Rouge, haut lieu touristique et endroit réputé pour la plongée sous-marine. Pas besoin de vous dire que la sécurité était à son maximum, et que sur le bateau, presque qu’en tout temps, il y avait un garde armé qui faisait la ronde pratiquement constamment. Arrivés à Assouan, nous prenons une felouque et allons vers le désert où quelques personnes se risquent à faire une balade en chameau. J’ai passé mon tour pour cette fois.
Enfin, nous prenons un bus pour une randonnée de trois heures dans le désert pour nous rendre à Abou-Simbel, ruines reconstituées pierre par pierre, car elles risquaient de disparaître à jamais sous l’eau en raison de l’inondation provoquée par le barrage érigé sur le Nil par Nasser, avec l’aide des Russes (le barrage, pas les ruines). Ces ruines d’Abou-Simbel, sont tout bonnement remarquables (voir photo). La bouche d’un seul personnage à plus d’un mètre de longueur. Vous pouvez vous imaginer la grandeur colossale de ces statues, rebâties sur une colline reconstruite artificiellement. L’oeuvre de reconstruction est tellement impressionnante qu’on dit qu’elle suscite une admiration comparable à celle de la construction originale. Le défi était immense et a été relevé avec brio.
On se rend à Abou-Simbel en convoi de bus, escorté par des policiers en début et en fin de convoi. Des centaines de touristes s’y rendent. La sécurité est imposante, car nous sommes en plein désert, à peine à quelques kilomètres du Soudan, et le danger est perceptible. Par contre, nous reviendrons seuls, seulement un autobus, à peine escorté par un jeune policier qui monte avec nous dans le bus. Bizarre après toutes les simagrées pour partir en convoi. On se demande si le convoi n’attire pas plus l’attention qu’un bus seul. On s’y perd. Bref, on revient la nuit, après un magnifique spectacle Sons et lumières, alors qu’une pleine lune illumine le désert. Le spectacle naturel surpasse le spectacle qu’on vient de voir. Les collines se dressent sur un sable blanc, comme des formes de pyramides naturelles qui auraient inspiré les pharaons à une ancienne époque. La nature réussit encore une fois à s’imposer.
Nous reprenons le bateau pour redescendre le Nil et revenir à Louxor, lieu de débarquement, et où nous devons nous rendre dans la vallée des rois. Les tombeaux des grands pharaons s’y succèdent et tous ont été pillés, sauf celui de Toutankhamon, jeune pharaon décédé vers l’âge de 19 ans, et qui n’était pas très riche par rapport aux autres. C’est pourquoi son tombeau était bien enfoui et avait résisté aux pilleurs. Et c’est pourquoi les trésors de ce tombeau sont restés à l’Égypte, du moins en grande partie. Les trésors des autres tombeaux se retrouvent un peu partout dans le monde, mais pas en Égypte.
Et nous devons bientôt reprendre l’avion pour le Caire où notre voyage prend fin sur un vol pour Paris. Tous les noms et les monuments majestueux se sont bien installés dans nos têtes et nos coeurs et des noms autrefois à peine connus ou même tout bonnement inconnus deviennent bien vivants et déclenchent dans nos esprits des histoires merveilleuses.
Sur ces belles paroles, je tiens à vous souhaiter une bonne nouvelle année, en espérant que vos rêves les plus chers se réalisent. Mais surtout, je tiens à vous souhaiter, comme on le faisait autrefois, une bonne santé, car c’est la plus grande richesse.