En lisant l’abondance d’articles parus dans les quotidiens canadiens sur l’élection de Stéphane Dion à la tête du Parti libéral du Canada, on ne peut qu’être étonné de la différence entre les reportages de langue anglaise et ceux de langue française. Voici quelques constats fait à la lecture des articles parus dans le Globe and Mail et dans La Presse. Il ne s’agit pas de l’expression d’une opinion personnelle quant à la nomination de Stéphane Dion.
Changement?
L’élection de Dion est-elle un indice que « plus ça change, plus c’est pareil »? Sur Cyberpresse, plus d’une allusion ont été exprimées pour tenter d’arrimer l’image de Jean Chrétien à celle de Stéphane Dion. Ces allusions n’avaient rien de très directs cependant. Ici une photo de Stéphane Dion en compagnie de Jean Chrétien pour illustrer un article de fond sur sa victoire. Ailleurs une brève description du nouveau leader du « parti de Jean Chrétien ». Finalement, le nom des deux aspirants qui ont appuyé Dion n’apparaît que dans une description des détritus qui jonchent le plancher du congrès. Bref, les reportages de langue française donnent l’impression qu’il s’agit d’un leader de la vieille garde.
Dans le Globe and Mail, les analyses parlent franchement de changement de cap. On y établit que la vieille garde libérale, l’establishment libéral, appuyait Bob Rae et Michael Ignatieff. On y fait remarquer aussi que les deux candidats ayant appuyé Dion sont les deux personnes qui se disaient tournées vers un changement de cap et un rajeunissement du parti.
Dion au Québec
Si le Globe and Mail se concentre principalement sur le changement de discours du Parti libéral avec un leader qui a joué la carte verte et s’est rallié un bon nombre d’appuis des organismes environnementaux, La Presse jouait principalement sur la perception de Dion auprès des Québécois. Loi sur la clarté référendaire à l’appui, les réactions n’ont pas été avares de propos négatifs sur M. Dion. La principale conclusion était que Stéphane Dion n’était pas aimé au Québec et que son élection représentait un mauvais calcul des libéraux qui serait retournés à la vieille notion de se nommer un chef « pour mater le Québec comme à l’époque de Trudeau et de Chrétien ». Les commentaires se sont un peu calmés sur l’aspect de l’impopularité de Stéphane Dion au Québec lorsque les résultats d’un sondage qui démontraient que près du deux tiers (63%) des Québécois se montraient plutôt sympathiques à cette nomination ont été rendus publics et.
Réussira-t-il?
Là, les deux médias convergent. Les deux mentionnent bien que Stéphane Dion représente l’anti-politicien et n’affiche pas de charisme pouvant soulever les foules. Par contre, il est noté qu’il a toujours confondu les sceptiques tout au long de sa carrière politique.