le Lundi 16 février 2026
le Vendredi 24 novembre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

L’Égypte (première partie)

L’Égypte (première partie)
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J’ai été absente pendant quelque temps. J’étais sur les traces de Toutankhamon, vous savez, le pharaon dont on a retrouvé le tombeau en 1922, et dont le trésor a émerveillé le monde entier. Sans blague, j’étais en voyage en Égypte, avec un petit détour sur Paris au retour. J’ai bien l’intention de partager avec vous ce périple. Je commencerai donc par le commencement, soit à l’aéroport de Montréal.

Comme vous le savez probablement à ce jour, depuis les complots d’attentats démantelés au mois d’août dernier en Angleterre, les mesures de sécurité dans les aéroports se sont accrues, pour atteindre des précédents inégalés. Plus question de traîner avec vous shampoing, gel, eau, crèmes de toutes sortes, écrans solaires, etc. Vous avez sans doute dû passer aux fouilles à l’aéroport de Yellowknife, qui, si mes souvenirs sont bons, pousse la fouille à un niveau pouvant frôler le ridicule à l’occasion.

Pour en revenir aux fouilles, j’ai appris cette journée-là qu’il est possible de se procurer de l’eau, une fois la sécurité passée. Et j’ai retrouvé petit à petit le groupe qui allait être le mien pendant les deux semaines à venir, groupe assez imposant : 34 personnes. Les connaissances se font peu à peu, des sous-groupes se forment. Et un long voyage s’entame peu à peu. Après une longue traversée de plusieurs heures, nous arrivons enfin à Paris, où nous devons prendre un vol en correspondance pour Le Caire, capitale de l’Égypte.

Quelle n’est pas notre surprise de constater que nous devons prendre un bus qui nous transporte de l’avion en provenance de Montréal jusqu’au terminal. Que de ce terminal, nous devons prendre un second bus qui nous transporte dans un autre terminal, et enfin, un troisième bus qui nous prendra dans l’avion au départ pour l’Égypte. Tout cela semble peut-être logique ou simple, mais on a l’impression d’être dans un aéroport perdu, en construction, où tout s’effectue par bus. Je vous jure, on n’a pas l’impression d’être à Paris, dans l’un des plus gros aéroports du monde. Tout est tellement broche à foin qu’on dirait qu’on est perdu dans un quelconque pays, sur la boule.

Mais au bout de plusieurs minutes, et de quelques heures, on se retrouve finalement à bord du Airbus qui devrait nous emmener sans encombres jusqu’à notre destination finale pour aujourd’hui. Les heures s’accumulent depuis notre départ. À notre arrivée au Caire, compte tenu du décalage horaire, la fatigue commence à se faire sérieusement sentir. Mais on a encore deux heures (qu’on nous dit) de bus à faire avant d’atteindre notre destination pour ce soir, (car nous sommes rendus le lendemain soir) jusqu’à Alexandrie. Nous réalisons vite au bout de deux heures, que cette balade en bus va durer beaucoup plus longtemps. En fait, ce n’est qu’au bout de cinq heures qu’on arrive finalement à l’hôtel.

En arrivant à Alexandrie, c’est une ville en fête qu’on découvre. Des milliers de personnes arpentent la Corniche, rue qui longe la mer sur plusieurs kilomètres. En effet, on arrive le lendemain de la fin du ramadan et les gens célèbrent (sans alcool, il va sans dire).

C’est vraiment amusant de voir les gens assis sur les terrasses des cafés. Il y a autant de femmes que d’hommes, ce qui en général, n’est pas très courant dans les pays musulmans. En temps normal, on ne trouve que des hommes dans les cafés et on ne voit pratiquement pas de femmes dans les rues, sauf dans les marchés ou boutiques. Mais en cette occasion spéciale, les femmes sont bien présentes. Si elles n’ont pas le visage voilé, elles portent cependant toutes le voile qui couvre leurs cheveux. Rares sont celles qui ne portent pas le voile, ce qui nous étonne quelque peu. Nous pensions qu’en Égypte, le voile était porté par quelques femmes, mais pas en général. Nous réalisons que ce n’est pas du tout le cas.

Notre bus attire l’attention d’un jeune garçon qui commence à courir à côté du bus, en gueulant et en crachant sur le bus. Il semble détraqué, mais son comportement est tout de même inquiétant. Il tire des cailloux, court près du bus et crache, jusqu’à ce que le bus réussisse à le semer dans le trafic. Cet incident qui serait sans doute passé inaperçu en temps normal nous frappe, étant donné la grande fatigue qui nous habite.

Nous arrivons enfin à notre hôtel qui est situé dans un merveilleux endroit, sur le bord de la Méditerranée. Notre chambre donne sur la mer et après avoir traversé Le Caire (19 millions d’habitants) et Alexandrie (8 millions) en fête, c’est un grand calme qui nous accueille à l’hôtel où nous ne tardons pas à tomber dans les bras de Morphée, avec le sentiment du sommeil du juste. Après tout, ne venons-nous pas de traverser un bon bout de la planète ? Le sommeil est doux et notre tête pleine d’images et de promesses.

Et c’est ainsi que je vous laisse pour cette semaine. Je poursuivrai mon récit dans mon prochain article.