le Lundi 16 février 2026
le Vendredi 3 novembre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

Construire en défaisant: Les ciseaux de Virginie Egger ont la lame créatrice.

Construire en défaisant: Les ciseaux de Virginie Egger ont la lame créatrice.
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De son propre aveu, Virginie Egger a des « armoires pleines de magazines » chez elle. Mais ce n’est pas tellement pour se tenir aux faits des potins de vedettes qu’elle entretient cette collection. C’est pour faire de l’art.

Virginie Egger est illustratrice et sa marque de commerce, c’est le collage. « En fait, ce que je fais, c’est du recyclage », lance celle qui était de passage à Yellowknife cette semaine pour donner des ateliers aux élèves de l’école Allain St-Cyr. « Dans ces magazines, il y plein de très belles photos, mais qui ne durent pas très longtemps. Mois je leur donne une nouvelle utilité. »

Ses créations, vous les avez peut-être déjà aperçues dans les pages de L’Actualité, de Châteleine ou du Reader’s Digest pour lesquels elle produit des illustrations éditoriales. Si vous avez des enfants, vous la connaissez peut-être pour ses livres Recette d’éléphant à la sauce vieux pneu (avec Carole Tremblay) et Voyage en amnésie (avec François Gravel), tous les deux publiés aux éditions Les 400 coups.

Son style qui mêle collage, acrylique, griffonnage et techniques de mise en page a des airs résolument modernes, surtout parce qu’il met en scène des objets de consommation réinterprétés par le regard déconstruisant de l’artiste. Pourtant, elle ne se revendique pas du tout de l’ère numérique. À l’heure où les illustrateurs travaillent pour la plupart en double-cliquant dans Photoshop, Virginie Eggger, elle travaille avec des ciseaux et des pinceaux. « Tout est fait à la main, c’est on ne peut plus traditionnel », dit-elle. « Je me considère presque comme un sculpteur », finit-elle par laisser tomber, faisant référence à l’aspect assemblage de matériaux de son art.

Quand elle travaille pour les enfants, Virginie Egger fait davantage attention aux détails que quand elle s’adresse a un public plus mature. « Je fais plus attention à mes images parce que les enfants regardent tout, il n’y a pas un détail qui leur échappe », note celle qui pense qu’il est important de stimuler la créativité des jeunes. « Créer c’est toujours magique et, les enfants, ils ont tous ce talent-là en eux », pense-t-elle.

En ce moment, Virginie Egger se concentre surtout sur son travail d’illustratrice (un nouveau livre, provisoirement intitulé Débile toi-même est en chantier, annonce-t-elle). Mais elle ne cache pas qu’elle aimerait aussi exposer ses œuvres en galerie. En attendant vous pouvez toujours admirer une partie de son travail sur son site Web : www.v-egger.com