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le Vendredi 29 septembre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Une petite virée aux baleines

Une petite virée aux baleines
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Juste un petit mot en passant pour vous faire savoir que je ne suis pas la seule à penser que les Québécois ne conduisent pas selon les règles. La semaine dernière, le journal Le soleil a publié un dossier de trois jours sur la question et on cherche des solutions pour régler ce grave problème. Je tenais à vous en parler, car mon premier article avait porté là-dessus en grande partie.

L’adaptation n’est quand même pas trop difficile car il y a tellement de choses à faire dans le coin. Ainsi, cette semaine, je suis allée voir les baleines à Tadoussac. Comme certains le savent, nous avons déjà eu une étudiante, au ministère, qui fréquente maintenant l’Université Laval. Une de ses copines, qu’elle avait rencontrée quelques années auparavant au cours d’un échange d’étudiants, est également ici, à Québec, en stage en travail social. Donc, ces deux jeunes filles ont exprimé le désir d’aller voir les baleines. Je me suis donc offerte à les y conduire, ce qui me permettrait également d’aller observer ce phénomène toujours si impressionnant.

Donc, par une belle journée d’automne, nous avons parcouru la magnifique route qui longe le fleuve et qui va de Québec à Tadoussac. Comme les arbres ont commencé à revêtir leurs habits ’apparat, avant l’hiver qui s’annonce, le paysage était vraiment à couper le souffle par bouts. Le fleuve étincelant dans le soleil, et les couleurs vives de l’automne ont certainement contribué à rendre le voyage des plus agréables.

Je croyais que ce serait tranquille sur les petits bateaux qui vont aux baleines, étant donné que l’été est terminé et que le temps frisquet est arrivé depuis quelques jours. Eh bien non! Je me suis complètement fourvoyée. Il y avait plein d’autocars nolisés avec des groupes d’Européens : Français, Suisses, Allemands. Je n’en revenais tout simplement pas, mais j’aurais dû penser que nos belles couleurs d’automne attirent nos cousins français au moins autant que nos canicules.

Les jeunes filles avaient réservé trois places sur un raft, mais étant donné le temps plutôt frisquet et mes problèmes de genoux, j’ai décidé de changer et d’aller plutôt sur un bateau donnant accès à l’intérieur pour se réchauffer. Par contre, mes deux compagnes de voyage se sont dirigées d’un pas décidé vers l’énorme Zodiac qui les attendait. Fort heureusement, elles avaient tout de même emporté polars, gants d’hiver, tuques et foulards. Cela allait leur permettre d’affronter le vent qui règne en maître sur le fleuve.

Donc, chacune de notre côté, nous nous sommes dirigées vers l’endroit où les courants du Saguenay et du St-Laurent se rencontrent. Il s’agit là d’un endroit privilégié pour la nourriture de baleines. La présence de centaines de mouettes nous confirme la présence de krills, dont possiblement de baleines. Et en effet, il ne nous faut pas attendre très longtemps pour apercevoir une baleine à bosse, qui y va de son petit ballet, et qui nous émerveille de quelques sparages. De toute beauté.

Nous restons là quelque temps à l’observer se nourrir. Puis nous reprenons le large et au bout d’à peine quelques minutes, nous nous retrouvons devant un rorqual commun, la deuxième plus grosse baleine qui existe sur la terre, après la baleine bleue. Elle vient tout près du bateau et continue son périple, occupée à se nourrir. Un peu plus tard, on aperçoit des petits rorquals, qu’on dit petit, mais qui font tout de même plus de 10 mètres. Le spectacle est réjouissant. Le St-Laurent est en bonne santé pour abriter toutes ces espèces.

La naturaliste sur le bateau nous donne quelques explications, nous montre des fanons de baleines (genre de filtres remplaçant les dents pour retenir le plancton et les krills). Elle en a trois dans les mains, ces longs fanons, qui mesurent plus d’un mètre chacun, et plus d’un pied de largeur. Elle a peine à tenir les trois fanons en raison de leur grosseur et de leur poids. Une baleine en a de 800 à 1000 dans la bouche. Imaginez la grosseur de la bouche! En une gorgée d’eau, elle ingurgite 25000 litres d’eau, qu’elle rejette en refermant ses fanons pour garder la nourriture emprisonnée. Impressionnant tout ça!

Nous observons donc nos mastodontes et nous dirigeons vers le Saguenay, pour tenter de voir des bélugas. Un énorme paquebot nous précède dans le fjord, un bateau de croisière qui se rend jusqu’à ville de la Baie, maintenant appelée Saguenay. Et dire que le bateau semble petit par rapport aux falaises.

Nous naviguons quelque temps sur les eaux glacées du Saguenay, mais nous n’aurons pas cette journée-là la chance de voir ces charmantes petites baleines blanches, leurs petits gris collés à leurs flancs. J’ai déjà eu le bonheur d’en voir. Nous revenons donc au port, la tête pleine d’images inoubliables. Quelle belle journée!

Si vous venez au Québec l’été, et que vous avez une journée de libre, n’hésitez pas à aller voir les baleines à Tadoussac. Vous en verrez à coup sûr. Et vous aurez de quoi rêver pendant longtemps. Et n’oubliez pas d’apporter du linge chaud. Il fait froid même l’été, sur le Grand Fleuve.

À la prochaine!

genevharvey@yahoo.com