Un surplus
Être ou ne pas être dans le rouge, telle est la question à laquelle a répondu le ministre des Finances, Floyd Roland, dans son traditionnel aperçu financier automnal. Eh bien, pour la première fois de son histoire, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a terminé son année financière (2005-2006) avec un excédent budgétaire, a annoncé, non sans fierté, le ministre Roland. Le surplus s’élève à 36 millions de dollars, soit le double de ce qui était anticipé dans les projections financières présentées avec le budget, en février dernier.
Le ministre des Finances n’a pas précisé comment le gouvernement comptait dépenser cette cagnotte. Mais, répondant aux questions du député de Great Slave, Bill Braden, Floyd Roland a quand même précisé qu’avant de connaître l’étendue du surplus, le gouvernement avait déjà prévu un « fonds d’immobilisation » de 30 millions de dollars qui devait être financé par un éventuel excédent.
Coupes en alphabétisation
Le député de Yellowknife Centre, Robert Hawkins, est excédé par les coupes fédérales en alphabétisation, une décision qu’il estime être « la pire de toutes les idées ». Il a voulu savoir ce que le gouvernement faisait pour ramener les conservateurs à la raison.
Le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Charles Dent, a répondu qu’en partenariat avec ses homologues des provinces et des autres territoires, il faisait du démarchage auprès du ministre des Ressources humaines du Canada. Il doit rencontrer ce ministre prochainement, a précisé Dent. Le ministre de l’Éducation a ajouté que son gouvernement n’avait pas l’intention d’imiter le fédéral et que les programmes territoriaux en alphabétisation allaient être maintenus, malgré que certains programmes offerts par le collège Aurora devront être sabrés.
Un nom
Citant Shakespeare, le député de Nahendeh, Kevin Menicoche (qui, à ce moment, n’était encore qu’un simple député) a rouvert un vieux débat aux TNO : le nom. « What’s in a name? », a-t-il demandé, reprenant le fameux soliloque de Juliette au balcon. Mais contrairement au dramaturge anglais qui affirmait qu’une rose sentirait tout aussi bon même avec un autre nom, Menicoche a affirmé que le toponyme avait une grande importance. Dans la tradition autochtone les noms de lieux sont davantage qu’un point sur la carte, a-t-il dit. Ils racontent une histoire qui identifie le lieu à la mémoire collective.
En rappelant que la plupart des communautés avaient, ces dernières années, changé leur vieux nom colonial pour reprendre leur appellation traditionnelle, il a indiqué qu’il était temps que le territoire fasse la même chose. Il est grand temps, estime-t-il, que le territoire se dote d’une identification qui le fera connaître au monde comme autre chose qu’un territoire situé dans le nord-ouest, mais bien comme la communauté unique dynamique et multiculturelle qu’elle est.