Un rapport sur l’état global de l’environnement aux TNO é commandé par les autorités canadiennes, a été déposé la ssemaine dernière. Le portrait que brosse la firme SENES Consultants, embauchée par le ministère des Affaires indiennes et du Nord, ressemble au bilan de santé d’un jeune fumeur : le patient est en forme, mais il a pris de vilaines habitudes.
« De façon générale, la qualité de l’environnement dans les TNO a été trouvée bonne pour la plupart des composantes. Dans certains cas, il a été difficile de déterminer l’état actuel d’une composante particulière ou d’évaluer les tendances, faute de données de référence adéquates. Toutefois, quand on disposait de suffisamment de données, il a été trouvé plusieurs cas de conditions défavorables et de tendances à la détérioration », relèvent les auteurs du rapport.
Le rapport contient une cinquantaine de recommandations que l’on pourrait résumé en quatre grands conseils : 1) préparez-vous aux changements climatiques, 2) obtenez davantages de données empiriques sur l’état de l’environnement, 3) facilitez l’usage des connaissances traditionelles la participation des Autochtones aux processus de révision et 4) mettez plus sérieusement en application le régime réglementaire.
Au dépôt du rapport, le ministre des Affaires indiennes et du Nord, Jim Prentice, a dit endosser les recommandations. « Mon ministère se réjouit de l’achèvement de cette vérification et accueille favorablement les recommandations qu’elle contient. », a déclaré le ministre.
Les symptômes le plus inquiétant de la détérioration de l’environnement, notent les auteurs, sont les changements observés dans la faune et surtout chez les caribous. Tous les troupeaux de caribous des TNO sont en déclin, et certains ont perdu plus de la moitié de leurs effectifs entre les recensements de 1992 et 2005.
Le rapport signale que la fragmentation des habitats qui résulte des activités d’exploitation des ressources naturelles doit être limitée pour assurer la survie des grands mammifères. Les auteurs suggèrent au gouvernement de fixer, dans les plans d’aménagement, des limites maximales de densité du développement.
Outre les caribous, le rapport note que d’autres espèces animales sont mal en point. Ainsi trois espèces de poissons – le cisco à mâchoires égales l’omble à tête plate ainsi que l’inconnu du cours supérieur du fleuve Mackenzie et du Grand lac des Esclaves – sont désignés comme « possiblement en péril » en raison d’une trop grande récolte.
Le rapport analyse, enfin, le régime réglementaire qui régit les pratiques industrielles en matière d’environnement aux TNO. Alors que ce régime très complexe est souvent accusé d’entraver le développement économique du territoire – le ministre Prentice, entre autres, a souvent tenu de tels propos – les auteurs affirment qu’il s’agit là d’un mal nécessaire.
Dans son ensemble le régime « protège adéquatement la terre et les eaux », écrivent les auteurs qui déplorent cependant que les nombreuses lois sont souvent appliquées à la légère. Ils recommandent de mettre en application les plans d’aménagement découlant des ententes de revendications territoriales et d’élaborer de tels plans, dans les régions où il y en a pas.
On peut lire le rapport dans son entièreté au http://nwt-tno.inac-ainc.gc.ca/nwt-a_f.htm