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le Vendredi 9 juin 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Environnement

Ce qu’on dit aux audiences « Nous ne pouvons pas lire les documents »

Ce qu’on dit aux audiences « Nous ne pouvons pas lire les documents »
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À Tulita, plusieurs personnes ont fait remarquer à la commission qu’elle avait mal choisi son moment pour venir les visiter puisque pratiquement tous les leaders de la communauté se trouvaient à Calgary, où ils participaient à une réunion.

Qu’à cela ne tienne, ça n’a pas empêché Bobby Clement de dire ce qu’il avait en tête. Clement se demandait pourquoi l’entente d’accès à la terre conclue entre sa communauté et Imperial Oil était secrète et pourquoi il ne pouvait pas savoir ce qu’il y avait dans le document que ses leaders avaient signé en son nom.

Les représentants d’Imperial Oil ont indiqué que l’interdiction de divulgation devait servir à protéger les intérêts des parties. Ils ont ajouté que des copies de l’entente devaient normalement être disponibles pour fins de consultation aux membres de la communauté.

Clement a aussi noté la lourdeur des documents présentés au public. « Ce sont des tonnes de matériel et de documents à lire. En plus, c’est un jargon technique et tous ses volumes sont trop compliqués pour nous. Même moi qui a une bonne éducation, je n’arrive pas à tout comprendre tout ce qu’il y a là-dedans. Nous ne pouvons pas lire les documents. Nous n’avons pas non plus l’occasion de suivre les assemblées. Tout ce que nous savons, c’est ce qu’on raconte aux nouvelles », a-t-il déploré.

« Il y a un problème »

À Fort Good Hope, le chef Ron Pierrot, a fait une présentation qui risque de faire sursauter les actionnaires d’Imperial Oil.

Celui qui se présente comme favorable au développement gazier a parlé sans détour et a dit tout haut ce qui semble de plus en plus évident. « La majorité des personnes dans notre communauté sont opposées au pipeline », a constaté le chef.

« Comme chef, je dois reconnaître et respecter l’opinion des gens que je représente. Je suggère aux promoteurs du projet de faire de même », a-t-il ajouté.

Pierrot a dit qu’il était important que les parties fassent des compromis. Il estime que ce n’est pas innocemment que les Kasho Got’ine (les Dénés du nord du Sahtu) ont rejeté l’offre d’accès à la terre d’Imperial Oil et que leurs demandes doivent être écoutées. « Quand les deux tiers des propriétaires terriens autochtones s’opposent au projet, il y a un problème », a-t-il lancé.

Le chef de Fort Good Hope estime que le projet ne doit pas être mis en chantier avant que la proposition ait le support de la population locale.

« Si la communauté de Fort Good Hope ne s’en tire pas mieux après la construction du pipeline, alors on ne devrait pas le construire. »

À Yellowknife

Pour la première fois depuis le début des audiences, l’Office national de l’énergie s’est arrêté dans la capitale des TNO, le 2 juin.

Le débat portait sur un détail technique, à savoir si l’évaluation de l’impact des puits de forage relavait de la Loi sur l’Office national de l’énergie ou d’une autre loi.

Cela aura quand même permis de déterminer que l’industrie ne compte pas s’ arrêter aux premiers puits de forage présentement à l’étude et envisage d’autres forage, notamment dans la région de Colville Lake. Ces développements ont été évoqués à maintes reprises par les parties dans leurs arguments, pour la plupart des représentants de l’industrie pétrolière et gazière.

À la fin de la rencontre, le débat légal n’a pas été tranché.