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le Vendredi 17 février 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Environnement

Agrandissement du parc Nahanni Du forage à Prairie Creek en juin

Agrandissement du parc Nahanni Du forage à Prairie Creek en juin
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Le 6 février, l’Office de la terre et des eaux de la vallée du Mackenzie a fourni un permis d’exploration avancée à la compagnie vancouveroise Canadian Zinc pour entreprendre des travaux de forage à la mine Prairie Creek située à proximité du parc national Nahanni, dans la région du Deh cho.

« Nous pensons pouvoir entreprendre les travaux en juin », affirme l’administrateur en chef des opérations de Canadian Zinc, Alan Taylor.

Taylor explique que l’objectif des travaux est de forer un nouveau puits de 400 à 500 mètres de profondeur afin d’estimer avec plus de précision la valeur des gisements. « Il y a du zinc, du plomb, du cuivre et de l’argent dans cette mine », indique l’administrateur. Canadian Zinc estime à 11.8 millions de tonnes la quantité de minerai exploitable à Prairie Creek.

Selon Taylor le chantier devrait être opérationnel pendant environ six mois et embauchera une quarantaine de personnes. « Autant que faire se peut, nous embaucherons des résidents du Nord », promet-il.

La compagnie minière avait déjà obtenu un permis d’exploration avancée pour la mine Prairie Creek, mais ce permis lui avait été retiré après que les Premières nations du Deh cho aient entamé un recours judiciaire contre elle. La cour avait finalement décrété que le permis pouvait être émis, mais avait imposé des conditions. L’autorisation remise à Canadian Zinc le 6 janvier tient compte de la décision de la cour.

La mine située à une quarantaine de kilomètres en amont du parc Nahanni est dans le radar des écologistes et des Premières nations du Deh cho depuis plusieurs mois. Des groupes qui font la promotion d’un agrandissement important du parc national, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) en tête, considèrent que l’ouverture de cette mine pourrait causer des torts irréparables au site qu’ils souhaitent protéger et au parc déjà existant.

Le rêve que caressent la SNAP et les Premières nations du Deh cho est de faire protéger l’ensemble du bassin versant de la rivière Nahanni ce qui ferait augmenter de plus de sept fois la taille du parc national établi par le premier ministre Pierre Trudeau. Si cet objectif était atteint la mine Prairie Creek se retrouverait à l’intérieur du parc. Dans cette éventualité il ne serait plus possible d’y effectuer quelque travaux d’exploitation minière que ce soit.

La SNAP craint que l’exploitation de la mine Prairie Creek cause des déversements de produits toxiques dans les affluents de la célèbre rivière surmontée de canyons. Cette région montagneuse est, en effet, connue pour être passablement instable. Plusieurs tremblements de terre importants y ont été observés.

La SNAP considère que l’ouverture de la mine Prairie Creek pourrait également marquer la fin de la désignation de site patrimoniale mondial de l’UNESCO que détient le parc canadien depuis 1978. En juin 2005, le géologue Derek Ford, qui avait usé de son influence dans les années 1970 pour que le parc obtienne la prestigieuse désignation de renommée internationale, a écrit une lettre à l’UNESCO dans laquelle il affirme que la mine Prairie Creek menace l’intégrité du parc Nahanni.

« Si le projet de mine va de l’avant, je devrai alors presser le comité de sélection de placer le parc sur la liste des sites patrimoniaux mondiaux en danger ; et si elle est développée, de réclamer que le parc soit retiré de la liste des sites du patrimoine mondial », a écrit le scientifique à l’organisation onusienne.