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le Vendredi 11 novembre 2005 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Société

Les montés changent de chef

Les montés changent de chef
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Mardi dernier avait lieu, dans le hall de l’Assemblée législative, la cérémonie de passation des pouvoirs de la célèbre division G de la Gendarmerie royale du Canada.

Everett Summerfield cède son titre de commandant à Pat McCloskey. Ce dernier devient donc le policier le plus haut gradé du territoire. Il est le 31e à assumer cette fonction.

Le Commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, s’est déplacé pour l’occasion. Il se souvient de Summerfield comme un des commandants les plus indépendants du pays, un officier qui n’avait pas besoin qu’on le prenne par la main pour qu’il accomplisse son travail. Alors que Zaccardelli est habitué à répondre à beaucoup d’appels de la part des commandants des différentes divisions de la GRC, Summerfield, lui, était plutôt discret. « On se demandait parfois s’il restait des gens en vie là-bas », a blagué le grand patron de la police fédérale.

Zaccardelli a surtout souligné le dévouement du commandant sortant à travailler en collaboration avec les petites communautés et les Autochtones. « Il est allé partout dans le Nord, a affirmé le commissaire. C’est un officier passionné, mais sa plus grande passion est assurément le travail avec les Autochtones. »

Celui qui commandait la division G depuis septembre 2001 travaillera désormais en Saskatchewan. « Un endroit où le maintien de l’ordre autochtone est aussi important », a indiqué Zaccardelli.

En guise d’adieu, Summerfield a simplement évoqué le grand plaisir que lui ont procuré ses années passées au nord du soixantième parallèle. « Ces dernières années ont été les plus exigeantes, mais également les plus enrichissantes », a-t-il dit.

Il s’est aussi dit honoré d’avoir contribué à la présence policière dans le Nord, « le fer de lance de la Gendarmerie royale ».

Quant à son successeur, l’aventure nordique ne sera pas pour lui un grand dépaysement. C’est en effet à Yellowknife, en 1973, que Pat McCloskey a entamé sa carrière avec la GRC. C’est d’ailleurs ici qu’il a rencontré son épouse, Corliss. Dans ses jeunes années, il a également été affecté à Fort Good Hope et à Inuvik.

McCloskey s’est fait remarquer pour avoir travaillé sur certains dossiers très médiatisés. Il a notamment dirigé l’enquête sur la tragédie du vol MD-11, cet appareil de la Swiss Air qui s’est écrasé au large de Peggy’s Cove, Nouvelle-Écosse, en 1998, provoquant la mort de 247 passagers.

« Je sais que [Pat McCloskey] est prêt à prendre le commandement de la division G, a affirmé Zaccardelli. Je sais qu’il veut poursuivre la tradition laissée par Summerfield et les autres. »

« Tu peux m’appeler n’importe quand, Pat, a ajouté Zaccardelli. Pas besoin de faire comme Everrett. »

Pour sa part, le nouveau commandant assure que cette promotion est « l’épisode le plus excitant de [sa] carrière. » Il s’est engagé à se rendre personnellement dans chacune des communautés du territoire, durant son mandat.

Défis

Dans un entretien avec la presse, le nouveau premier flic des TNO a commenté les défis que pose sa fonction.

McCloskey estime que l’essor du trafic de drogues et du crime organisé sont une préoccupation importante. Il estime que ces dernières années les TNO ont été le théâtre d’une « escalade » de la violence liée à la drogue et que la section G doit y répondre avec aplomb. « Nous entrons dans une nouvelle ère criminelle et nous devons nous y ajuster », a-t-il dit

« Les enquêtes telles que celles-ci sont prises très au sérieux », a-t-il affirmé faisant référence à la fusillade survenue au centre-ville de Yellowknife le 6 novembre.

Même s’il admet qu’il arrive que le temps de réponse dans les communautés éloignées soit décevant, McCloskey ne pense pas qu’il soit urgent d’augmenter les effectifs policiers du territoire. « Nous faisons de notre mieux avec les ressources que nous avons », a dit McCloskey.

C’est d’ailleurs pour mieux saisir les besoins particuliers de chacune des communautés qu’il compte les visiter toutes. « Je veux savoir quels sont les problèmes réels, s’il y a besoin de nouvelles ressources ou si, par exemple, il y a un manque de couvre-feu. »

McCloskey compte aussi développer des mesures pour augmenter le nombre d’officiers autochtones de la division G. « Pour l’instant nous avons environ une trentaine d’officiers des Premières nations », indique-t-il.

La division G compte dans ses effectifs plus de 183 policiers.