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le Vendredi 30 septembre 2005 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

L’automne est reparti aussi vite qu’il est arrivé.

L’automne est reparti aussi vite qu’il est arrivé.
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Depuis quelques années, on a un automne ici, aux Territoires du Nord-Ouest. Quand je suis arrivée, il n’y a pas si longtemps (un peu plus de quinze ans), l’automne était quasi-inexistant. On passait très rapidement de l’été à l’hiver sans véritable transition qu’on appelle automne. On peut dire qu’on a maintenant un automne, mais je ne suis pas certaine si cela me satisfait vraiment.

J’aime tout dans l’automne, ma saison favorite : l’air pur, la lumière éclatante, les arbres qui changent de couleur, les vêtements plus chauds qu’il faut porter, les marches dans les feuilles qui tombent; j’aime tout. Sauf la pluie incessante. Je vous jure qu’à une pluie incessante, je préfère la neige. Ainsi, on est dimanche ce matin, alors que j’écris cet article. Il pleut et il fait tellement sombre dehors, qu’on dirait la nuit.

Quand c’est ainsi dehors, je vous jure, je préfère de la neige. Au moins, ce matin, s’il neigeait, ce serait clair dehors. La neige a quand même comme propriété d’éclairer tout ce qu’elle recouvre. Avec une journée ennuyante comme aujourd’hui, tout ce qu’on a à faire, c’est rester chez soi à lire et à faire la sieste, à cuisiner et à écouter de la musique, toutes des activités quand même intéressantes et plutôt agréables à faire, non?

Car qu’on le veuille ou pas, c’est aussi ça l’automne.

L’automne, ce sont les grandes marches dans le bois, les mains enfoncées dans de profondes poches, le cou bien engoncé dans un col roulé, les pieds au chaud dans de bonnes grosses bottes de marche, à repousser les feuilles devant soi. Oui, c’est ça l’automne.

Quand je suis arrivée ici, on m’avait prévenue : ici, il ne pleut pratiquement pas. Et on peut dire que c’était presque vrai. Il ne pleuvait pas beaucoup. J’habitais au camping, alors j’étais aux premières loges pour savoir si oui ou non il pleuvait. J’y suis restée, à ce camping, jusqu’à sa fermeture, vers le 15 septembre. Et oui, il pleuvait. Et quand il ne pleuvait pas, il faisait plutôt froid. Je me souviens, j’allais prendre ma douche, et je laissais la voiture près de là, car ça gelait dehors, et mes cheveux mouillés auraient gelés sur ma tête. Donc, bien vite, j’allais me réfugier dans la voiture. Et on allait prendre un bon café chaud… au Miner’s Mess. Ceux qui habitent Yellowknife depuis longtemps se souviendront de cet endroit plutôt charmant où toutes les couches de la société se fréquentaient. Cet endroit si chaleureux et si populaire qui nous manque encore, une douzaine d’années après sa disparition. Il n’y avait pas que la chaleur du café qui nous réchauffait là. Et l’intégration se faisait rapidement dans ce lieu, avec ses grandes tables qui incitaient à tout, sauf à la réclusion.

Et je me demande ce qui se passe cet année, mais l’automne est entaché de toute une série d’événements malheureux, cette année.

Prenons les ouragans qui succèdent les uns aux autres. Qu’on le veuille ou non, cela nous dérange, que ce soit par compassion, que ce soit en raison du prix du pétrole qui tend à atteindre des prix jamais égalés auparavant. Cela aura peut-être pour effet de faire réaliser aux gens qu’il vaut mieux ne pas gaspiller le pétrole en faisant tourner leur moteur au ralenti pendant de longues minutes. Sans doute que les huards recrachés par le gaspillage d’essence réussiront eux à les convaincre là où la couche d’ozone et les gaz à effet de serre ont échoué.

Si c’est le cas, et sans doute que ce le sera pour bon nombre, peut-être aurons-nous bientôt des raisons de nous réjouir de la flambée des prix du pétrole? Je dis bien peut-être, car je ne crois pas que cela motive tout le monde, et il y a encore des irréductibles qui se feront un plaisir à gaspiller leur fric envers et contre tous. Mais il s’agit là d’un autre débat dont je n’ai pas envie de parler. Mon sujet est bien l’automne.

Et en automne, il y a le retour de nos aurores boréales, si spectaculaires. En fait, elles sont toujours là, même en été, mais la clarté nous empêche de les voir. Mais dès que la noirceur revient, on peut passer des heures à les voir danser dans le ciel, sur un fond bleu d’une luminosité à couper le souffle.

Car l’automne, c’est aussi le moment où le ciel affiche ce bleu profond, velouté, lumineux et incomparable. Le ciel du Grand Nord est tout simplement d’un bleu unique, à couper le souffle. Et ça va durer et durer, jusqu’à ce que les jours redeviennent trop longs et que tout doucement, la clarté reprenne le pas sur l’obscurité. Ce n’est pas pour demain. Avec l’arrivée de l’automne, on vient d’entrer dans la période des jours les plus courts. D’ici à Noël environ (vers le 21 décembre), les jours vont diminuer rapidement, pour nous permettre de jouir du spectacle du ciel. La nature est quand même bien faite, ne trouvez-vous pas?

Et les mots des compositions de votre enfance vous reviendront tout doucement à l’esprit : multicolore, ocre, tourbillonner, jaune, orange, etc. Et je dois maintenant vous laisser, car malgré la pluie, j’ai tout de même décidé d’aller me pointer le bout du nez dehors. Il faut ce qu’il faut et j’ai envie d’aller prendre l’air. Alors je vous souhaite un bel automne. Essayez d’en profiter et surtout d’observer les changements autour de vous et dans le ciel. Ça vaut le coup, je vous assure.