Ce n’est pas moi qui invente, c’est le titre d’une chanson de je ne sais qui. Je trouvais que ça s’appliquait tellement bien à la situation qui nous préoccupe.
Autre préambule : je sais très bien qu’on se fait rebattre les oreilles avec ça depuis plusieurs jours, mais on ne nous les rebattra jamais assez. Ce qui s’est passé et se passe encore et va se passer pendant plusieurs semaines, voire pendant plusieurs mois, est tellement horrible qu’il faut continuer d’en parler.
L’horreur est à plusieurs niveaux. Le niveau le plus bas est la tempête en soi. Même si la tempête est une horreur et un élément affreux en soi, l’abandon de milliers de personnes à leur sort l’est encore plus. Mais commençons pas le commencement. Ce genre d’ouragan, de catégorie 5, est assez rare. En général, dès qu’un ouragan touche la terre, il diminue d’intensité presque aussitôt, car il n’est plus nourri par ce qui l’entretient normalement : l’eau chaude. Dans le cas de la Louisiane, il y a de l’eau partout. Donc, l’ouragan est demeuré de force 4 pendant une grande période, ce qui est encore très grave. Quelqu’un disait qu’entre la force 4 et le force 5, c’est la différence entre se faire frapper par un 18 roues ou par un train. La comparaison est très imagée, mais nous fait vite comprendre la gravité du phénomène. Qui plus est, avec Katrina, la largeur de la chose était phénoménale. Et ce qu’on craignait depuis des décennies arriva. New Orleans, ville située sous le niveau de la mer a mangé la claque, si vous me passez l’expression.
L’évacuation d’une grande partie de la ville s’était faite la veille, mais ceux qui sont restés, ce sont les plus pauvres de la société qui n’avaient ni voiture ni les moyens de quitter la ville. Et ce sont eux qui y ont goûté. Et les pauvres des États-Unis se sont retrouvés à la une de tous les journaux du monde. Le monde entier a réalisé que non seulement les États-Unis avaient des pauvres, mais qu’ils prenaient bien du temps à les secourir.
On ne peut pas faire autrement qu’avoir dans la tête des images de racisme avec ce qui s’est passé. Et des images de société chaotique où la guerre compte davantage que le bien-être de ses propres habitants. L’image du pays le plus riche et le plus puissant du monde en a pris pour son rhume. Les États-Unis ont réussi à scandaliser la terre entière en raison de la façon dont ils ont géré la crise qui sévissait dans leurs états les plus pauvres. Et le monde entier, horrifié, a regardé défiler des images télévisées dépassant les fictions les plus farfelues.
Pendant tout ce temps, je ne pouvais m’empêcher de penser : je ne peux pas croire que les secours ne sont pas mieux organisés. Je suis certaine que si quelque chose du genre s’était déroulé au Canada, les secours auraient afflué bien plus vite et avec bien moins de chaos. Je ne pouvais m’empêcher de penser : si ça avait été des gens d’affaires riches et blancs, les secours auraient été bien mieux organisés. Je ne pouvais m’empêcher de penser que si les États-Unis avaient eu un autre président à leur tête, les choses se seraient certainement déroulées autrement. Et j’ai pensé aussi bien d’autres choses, tout comme vous, j’en suis certaine.
Ce qui se déroule aux États-Unis est inadmissible et on ne peut s’empêcher de pleurer d’impuissance.
Je voulais vous rappeler que si vous pouvez donner, vos dons pourront certainement aider, car des milliers de personnes ont tout perdu, y compris leur travail et on a besoin d’argent, de beaucoup d’argent. En passant par la Croix-Rouge canadienne, vous pouvez leur demander d’envoyer votre argent pour Katrina. Et n’ayez crainte, votre argent ne sera pas détourné et ne servira pas à d’autres fins. Elle contribuera à secourir ceux qui sont le plus dans le besoin et en grande détresse morale. Et il ne faut pas croire qu’il faut donner de gros montants : même 10 $ peut aider, si on l’ajoute au 10 $ du voisin.
Je ne saurais terminer sans dire un bref mot à propos du réchauffement de notre planète. Même si les experts disent que ça n’a rien à voir, on ne peut pas faire autrement que de croire que si, au contraire, ça à voir. On ne peut pas faire autrement que de constater que les désastres succèdent aux désastres, les ouragans aux ouragans, et les canicules meurtrières aux canicules dévastatrices. Et on ne peut guère s’empêcher d’avoir une bonne pensée pour notre terre, si fragile à ses heures, et pour nous, pauvres humains, tellement à la merci des éléments.
Je vous laisse penser à tout ça. Ce ne sont pas les grands sujets de réflexion qui manquent pour l’instant. Dommage que souvent, ce soit les catastrophes qui enclenchent le processus!
P.S. : Cet artcicle était prévu pour la semaine dernière. Désolée, on ne l’a pas passé.