Le développement artistique de Marius Petipa est fortement lié à celui de son père Jean-Antoine Petipa, de son frère Lucien – également danseur et de trois ans son ainé – et de sa mère Victorine, qui, étant actrice d’art dramatique, supervise la progression de ses enfants.
En 1819, toute la famille quitte Marseille pour Bruxelles, car Jean-Antoine commence à travailler comme maitre du corps de ballet du Théâtre de la Monnaie; un des plus prestigieux théâtres d’Europe, fondé autour de l’an 1700. Ils y restent jusqu’en 1834, une période durant laquelle Marius a fait partie des danseurs, et ce depuis ses 6 ans. Il fait ses études académiques au grand collège de Bruxelles et ses études de violon au Conservatoire de musique.
En 1830, la révolution belge éclate à Bruxelles, ce qui produit des changements dans le parcours artistique de la famille Petipa. Il s’agit de la révolution de l’indépendance de la Belgique face à la royauté des Pays-Bas, alors gouvernés par Guillaume Ier. Cette révolution fait partie intégrante du mouvement politique nationaliste qui a caractérisé l’Europe durant le romantisme.
Dans les faits, la région politique des Pays-Bas avait été formée par le Congrès de Vienne en 1815, lors de la distribution du territoire européen par et pour les puissances dominantes et alliées contre l’Empire français.
Bien que la révolution donne lieu à la formation du Gouvernement provisoire de Belgique en octobre 1830, elle produit également une crise politique et économique qui donne lieu à la fermeture des théâtres en Belgique. La famille Petipa doit alors faire face à une crise financière et doit souvent danser dans la rue pour gagner un peu d’argent.
En 1834, la famille Petipa retourne en France, car le père, Jean-Antoine, est invité à être maitre de danse et chorégraphe au Théâtre de Bordeaux.
Les Petipa restent en France jusqu’en 1839.
À cette période, Lucien et Marius entreprennent des études de danse avec le français Auguste Vestris, un maître de danse qui contribue à l’invention de plusieurs nouveaux pas et de nouvelles techniques de ballet, tel que le pas de grande élévation ou encore le grand allégro.