Des chiffres et des lettres
Amélie Legeay
La paix romaine
« Pax romana » (Paix romaine) clamaient les occupants latins au début de chaque échange, auquel les Gaulois leur répondaient, dans leur langue à eux, « tancos ciuitatis » (Paix de la Cité).
Au IIe siècle après Jésus-Christ, l’apaisement règne enfin sur le monde qui se transforme.
Toutes les innovations économiques, politiques ou culturelles viennent alors du monde romain, et, très vite, celles et ceux qui veulent profiter de cette nouvelle conjoncture se décident à apprendre le latin.
Les Romains construisent la ville d’Augustodunum (Autun), en Bourgogne, et l’offrent aux Éduens, qui leur ont tout de même été fidèles. Ils y érigent un collège, où les savants et les maitres reconnus viennent enseigner aux plus nobles familles gauloises.
Pourtant, du côté des Gaulois, certains sont encore réticents.
La rébellion silencieuse gauloise
Les druides, seuls chargés de l’éducation, refusent d’écrire. Pour eux, rien de ce qui était important ou sacré, ne devait être posé à l’écrit, car il leur paraissait inconvenant de livrer à des graphies inertes la parole vivante des poètes et des Dieux. L’Histoire devant être uniquement transmise par le verbe, ils interdisent même à leurs élèves d’écrire.
« Où irions-nous si la jeunesse se mettait à se sacrifier aux modes et aux techniques nouvelles ? Que deviendrions-nous si nos étudiants confiaient aux tablettes les poèmes et les connaissances ? Alors, les générations à venir en oublieraient de cultiver et de développer leur mémoire. »
Il fut donc difficile de transmettre aux siècles suivants les idées et les créations d’un peuple ainsi que les bases du fondement d’une nation tout entière.
L’ironie du sort
En 187, la Gaule est en proie à des pilleurs et la paix romaine s’effrite. L’empereur romain Septime Sévère, ayant déjà administré la Gaule par le passé, prend alors quelques mesures favorables aux traditions gauloises.
Par exemple, les distances indiquées sur les bornes de la Gaule, jusqu’ici en milles romains, seront dorénavant écrites en leuca (lieue), la mesure gauloise.
Malheureusement, des Gaulois de la ville de Lugdunum (Lyon) se rallient aux oppresseurs et Septime Sévère entre dans une rage sans précédent laissant la ville détruite ; Lugdunum ne retrouvera jamais sa splendeur.
Voulant se racheter à tout prix, l’empereur décide finalement de renoncer à imposer la langue des Romains et d’accueillir les mots des barbares espérant ainsi que les ennemis de la veille deviennent les alliés de demain.
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Faire l’école buissonnière Origine : France Date : XVe siècle Signification : se promener au lieu Cette expression vient des écoles secrètes créées dans les campagnes par les adeptes du protestantisme lorsqu’ils étaient réprimés au commencement du luthérianisme et ces écoles portaient le nom de « buissonnières » en référence fort probablement au fait que lorsqu’on se cache derrière les buissons, on ne peut pas être vu. Le concile de Pavie, en 1423, a vu ses dignitaires de très haut rang de l’église refuser de se rendre dans la ville en raison de la peste qui sévissait et dans les écrits, on retrouve cet épisode décrit par le poète Clément Marot : « Vray est qu’elle fust buissonnière, l’escolle de ceux de Pavie ». |
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À bonne école Origine : France Date : XIIe siècle Signification : se trouver dans un milieu où des personnes sont capables de bien instruire Dans cette expression, « école » a le sens ancien d’« exemple » ou d’« influence ». « Être appris de male escolle » voulait dire « être mal conseillé » et « être mené à dure escolle » signifiait « être dirigé sévèrement. » |
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Se mettre sur son trente-et-un Origine : France Date : Vème siècle Signification : mettre des habits élégants L’expression vient du Moyen Âge et est issue d’une déformation du mot « trentain », qui représentait un tissu très raffiné destiné aux vêtements de luxe, et porté uniquement par les personnes riches. Les drapiers proposaient des tissus de qualité supérieure qui étaient composés de 30 fois 100 fils soit 3000 fils sur toute la largeur de l’étoffe donc une trentaine de paquets (contrairement à la laine qui en comptait deux fois moins). |
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Être au trente-sixième dessous Origine : France Date : XIXe siècle Signification : se retrouver dans une situation pénible Le sens initial était plutôt lié à l’échec. Par exemple, à l’Opéra de Paris, il y avait trois dessous. Et lorsque la pièce était mauvaise, les acteurs n’avaient plus qu’à aller s’y cacher. Si une pièce était sifflée, l’habitude était de dire qu’elle était « tombée dans le troisième dessous ». |
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Prendre le train onze (ou prendre le train de onze heures) Origine : France Date : XVIe siècle Signification : marcher La comparaison entre le nombre 11 et une paire de jambes date du 16e siècle, lorsque François 1er décide d’importer en France le jeu de bingo depuis l’Italie. En effet, il est de coutume, à ce jeu, que l’animateur qui tire les numéros les annonce en y ajoutant une description plus ou moins humoristique, notamment pour éviter que l’on confonde le nombre annoncé avec un autre. 0 : la cacahouète 8 : le zéro et sa ceinture 13 : ma sœur Thérèse Et 11 : les jambes de Brigitte parce qu’évidemment, mises côte à côte, les jambes font penser à ce chiffre. |
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Recevoir cinq sur cinq Origine : Europe Date : XXe siècle Signification : bien réceptionner un message litaires dans de nombreux pays (en particulier ceux membres de l’OTAN). Ils utilisent deux échelles de mesure numériques pour évaluer la qualité d’une communication : la première pour la force du signal reçu et la seconde pour la clarté du signal reçu ; chacune allant de 1 à 5. Cinq sur cinq décrit donc un rapport signal-bruit maximal. |