Alexandre Borodine n’est pas compositeur à temps plein. Il fait des études en médecine et chimie à l’Académie médico-chirurgicale de Saint-Pétersbourg, entre 1850 et 1856.
Il obtient un doctorat en chimie en 1858. En 1859, il l’Académie médico-chirurgicale l’envoie à l’Université de Heidelberg, pour y poursuivre des études postdoctorales. Il s’agit de la plus ancienne université allemande, notamment réputée par son excellence en enseignements des sciences physiques et chimiques. Aujourd’hui, l’université a vu passer un total de 19 récipiendaires du prix Nobel.
Au cours de ses études postdoctorales, Alexandre Borodine participe à des congrès à Bruxelles, à Paris, à Pissa et à Rome. Il profite de ces évènements pour entrer en contact avec des compositeurs européens. En 1861, il rencontre son épouse, Ekaterina Sergueievna, qui est pianiste. Un an plus tard, soit en 1862, il retourne à Saint – Petersbourg pour y devenir professeur à l’Académie médico-chirurgicale.
Les connaissances de Borodine en écriture musicale ne suivent pas les schémas classiques de l’époque, où les classes de composition musicale se donnent, la plupart du temps, dans des conservatoires. C’est à l’âge de vingt ans que Borodine commence à composer, soit aux débuts des 1850. En 1852, il compose la musique d’un des poèmes de Sergey Solovov, ainsi que celle d’œuvres de trios tels que Trio a corde en sol mineur.
Vers la fin des années 1850, Alexandre Borodine rencontre Modesto Moussorgski, Mili Balakirev et Rimski-Korsakov, avec qui il coopère étroitement jusqu’à la fin de ses jours. Parmi les musiciens avec qui il s’entend bien, on compte également Franz Liszt, à qui il dédie son unique poème symphonique Dans les steppes de l’Asie centrale. C’est dans ce poème qu’il représente le rythme de la vie dans les steppes asiatiques, accompagné d’un orchestre de chambre.
Bien que Borodine compose aux environs d’une trentaine d’œuvres musicales, c’est son opéra, Le prince Igor, qui défraie la chronique. Cet opéra est structuré en quatre actes. Alexandre Borodine compose la musique et en signe le livret, en reprenant un des plus anciens poèmes épiques slaves, Le dit de la Campagne d’Igor, écrit au XIIe siècle, qui raconte des batailles entre les Russes et les Coumans, qui sont un peuple nomade qui parle une langue turcique, et qui sont appelés, en russe, Polovtses, qui signifie « de couleur fauve ».