La mort du compositeur Mikhaïl Glinka en 1857 – de même que la présentation de l’opéra Rousalka, d’Alexander Dargomyzhsky – survient à la période d’un nouveau mouvement intellectuel qui émerge à Saint-Pétersbourg, sur les importants changements socioculturels nationalistes, tout en mettant en valeur les différentes traditions folkloriques multiethniques.
En 1861, ce mouvement prend de l’ampleur. Il occasionne l’annulation du servage et instaure de nouvelles structures éducatives et culturelles avec le Tsar Alexander II.
C’est dans ce climat socioculturel que Mili Balakirev émerge dans le milieu de la musique classique. Ce nouveau compositeur s’inspire de Glinka, de Dargomyzhsky et des poèmes d’Alexander Pouchkine.
Animé par son amour de la musique traditionnelle, cette même musique qu’il avait admirée durant sa jeunesse à Novgorod, Mili Balakirev devient un pilier du romantisme slave. Son style musical autodidacte le met en contraste avec des compositeurs qui dirigeaient des conservatoires de musique ou y étaient formés. Entre 1857 et 1862, Balakirev se lie d’amitié avec son futur mentor César Cui, mais aussi avec Modest Moussorgski, Nikolaï Rimski-Korsakov et Alexander Borodine. C’est avec eux qu’il formera le groupe de Cinq, composé de musiciens autodidactes qui prennent de l’essor dans le romantisme, malgré les critiques des compositeurs formées dans la tradition pédagogique des conservatoires russes.
En 1862, une année après l’annulation officielle du servage en Russie, le compositeur originaire de Novgorod voyage dans la région du Caucase et compile des musiques traditionnelles caucasiennes aux influences prononcées de musiques orientales.
Dès son retour à Saint-Pétersbourg, Mili Balakirev fonde l’École libre de musique, qui a comme mission l’enseignement gratuit de la musique, en contraste avec le Conservatoire de musique de Saint-Pétersbourg. Il publie une collection de musiques de chansons du folklore russe et compose une de ses œuvres majeures, le poème symphonique Russie.
Il s’installe alors à Saint-Pétersbourg et y compose ses œuvres, jusqu’à son décès en 1910. Il se sera toutefois absenté de la ville à deux reprises. Une fois pour présenter les compositions de Glinka à Prague, et entre 1871 et 1876, alors qu’il souffre d’une profonde dépression.
Le total de ses œuvres comprend autour 90 compositions, dont environ 50 sont des œuvres pour piano et quinze sont des œuvres pour orchestre. Le reste de sont catalogue sont des chansons.