Mili Balakirev est initié à la composition musicale écrite et au piano, dès l’âge de quatre ans, par sa mère, Elizaveta Ivanovna, qui est alors pianiste de renom à Novgorod.
Âgé de dix ans, le jeune Balakirev participe à un des ateliers de piano donnés par Alexander Dubuque, célèbre pianiste de Moscou et auteur de la chanson Ne brani Menya Rodnaya (Ne me gronde pas mon cher).
Le jeune talent poursuit ses études de piano et de musique en autodidacte, en parallèle à ses études classiques au gymnase et à l’Institut Alexandrovsky de Novgorod. C’est à cette période qu’il rencontre Alexandre Oulybychev.
Alexander Oulybychev est violoniste et musicologue. Il est le fils de l’ambassadeur de la Russie à Dresde, en Allemagne, une ville dans laquelle Oulybychev passe son enfance et son adolescence, étudiant les techniques de composition musicale ainsi que les œuvres de Mozart et de Beethoven.
Lorsqu’il rentre en Russie, Oulybychev travaille pour le ministère des Affaires étrangères du pays. Il occupe également le poste de rédacteur en chef du journal de Saint-Pétersbourg.
C’est en 1830 qu’il s’installe à Novgorod et devient mécène des arts. En 1843 il écrit en français : Nouvelle biographie de Mozart un des ouvrages importants sur la biographie de Mozart dans le contexte historique et méthodologique des compositeurs de musique classique en occident depuis la Renaissance. En 1852, il rencontre Mili Balakirev un peu avant de son départ à l’université de Kazan pour faire des études en mathématique. Et, en 1855 il l’embauche comme assistant de recherche et pianiste de son orchestre en l’emmenant à Saint-Pétersbourg.
C’est à Saint-Pétersbourg que Mili commence officiellement sa carrière de musicien.
Il travaille comme assistant de recherche pour Alexander Oulybychev, travaillant sur la compilation – et l’étude – des œuvres de Beethoven, ainsi que sur l’écriture de son livre Beethoven : ses critiques et ses glossateurs.
Entre 1855 et 1857, Balakirev compose un concerto et deux sonates, Réminiscence de l’opéra « Une vie pour le tsar » de Glinka, et sa première œuvre maitresse dans le romantisme : Grande fantasia sur des chansons folkloriques ruses op 4. Durant cette période, Mili Balakirev rencontre Mikhaïl Glinka.
Les deux musiciens entament alors plusieurs conversations. Ces conversations, de nature analytique, portent sur les défis de la composition musicale dans la tradition folklorique russe émergeant du romantisme allemand et français. Leur amitié ne prend fin qu’à la mort de Glinka, en 1857.