Le tournant du romantisme en Russie est marqué par l’opéra Ruslan et Ludmila. Cette œuvre est présentée au théâtre impérial Bolchoi Kamen, à San Pétersbourg, le 27 octobre de 1842. Composé par Mikhail Glinka, qui est également le directeur artistique, cet opéra met en musique un livret dont les signataires principaux sont N.A Markebich, Nestor Kukolnik et Valerian Shirkov. Ruslan et Ludmila est adaptation scénique du poème éponyme d’Alexandre Pouchkine, alors le plus important poète du romantisme russe.
Né à Moscou le 6 juin 1799, Alexandre Sergueievitch Pouchkine figure parmi les poètes fondateurs du romantisme aux côtés de Lord Byron et Johann Wolfgang Von Goethe. Son père, Serguei Luovita Pouchkine, est major dans l’armée russe et sa mère, Nadejda Ossipovna, est issue de la noblesse de Saint-Pétersbourg. C’est grâce à ce milieu social – dans lequel la langue d’éducation des enfants est le français – qu’Alexandre, jusqu’à l’âge de dix ans, s’intéresse aux œuvres de Molière.
À l’âge de douze ans, le jeune Pouchkine commence ses études au Lycée Imperial dans le village de Tsaskoie Selo, non loin de Saint-Pétersbourg, construit autour du Palais d’Élisabeth Petrovna, fille de Pierre le Grand. La majorité des habitants du village sont des académiciens et des intellectuels, affiliés au Lycée Imperial, institution où Alexandre excelle dans ses études historiques et littéraires. Son expertise en philosophie est inspirée des philosophes des lumières : Emmanuel Kant, Jean Jacques Rousseau et Montaigne.
C’est à cette période qu’il commence à écrire des poèmes en vers et en prose sur des traditions russes, dans la langue du pays, jusqu’alors utilisée pour publier des œuvres religieuses et gouvernementales. C’est la raison pour laquelle il est nommé père de la littérature russe. Parmi ses poèmes courts, Ko – qui signifie À – est appris par la majorité des russes.
En 1820, il écrit le poème Ruslan et Ludmila, qui devient une des œuvres phares du romantisme littéraire et musical russe, et qui inspire la composition de l’opéra de Mikhail Glinka. Ce célèbre poème s’inscrit dans la continuité que les œuvres Le cavalier de bronze, Récits de Jean Ivan Petrovich Belkine, Boris Godunov et Eugene Onegin. Plusieurs poèmes d’Alexandre Pouchkine ont été mis en musique par des compositeurs russes romantiques, dont le Groupe des Cinq.