Le refus d’admission au Conservatoire n’affecte pas la décision de Giuseppe Verdi de rester à Milan, de se forger une carrière comme musicien et compositeur, et, surtout, de poursuivre ses études de musique. Il étudie l’interaction sonore entre les phonèmes et les sons instrumentaux, domaine dans lequel il avait une certaine maitrise grâce aux enseignements de Ferdinando Provesi, son maitre de musique à Busseto. Verdi entreprend alors d’échanger avec des professeurs du conservatoire de manière informelle. Il se met également à rencontrer des musiciens de l’orchestre du théâtre la Scala de Milan. Ce célèbre théâtre, construit en 1778, est une véritable rampe de lancement pour de grandes œuvres dramatiques, de danse et de musique à travers l’histoire. C’est dans cette dynamique que Giuseppe fait la connaissance du claveciniste Vincenzo Lavigne, qui devient son meilleur ami. Il sera alors sous la tutelle de Lavigne, qui l’aidera à se parfaire en tant que compositeur. Giuseppe Verdi s’inscrit à la chorale de la Société philharmonique de Milan. Il occupera ensuite le poste de maitre claveciniste à l’orchestre du théâtre le Scala.
C’est durant cette période qu’il fait la rencontre de Pietro Massini, chanteur lyrique et directeur de la Société philharmonique de Milan. Leurs échanges sur des sujets tels que la parole et son interaction avec la musique d’opéra – de Claudio Monteverdi à Gioacchino Rossini – renforcent la passion de Giuseppe pour les structures sonores, instrumentales et harmoniques complexes.
Le jeune compositeur s’intéresse également aux milieux littéraires et philosophiques, au sein desquels les idées libérales du romantisme convergent avec les idées opposées à la distribution des territoires européens par le congrès de Vienne en 1814 et par la répression de 1830. Il appartient ainsi à un mouvement sociopolitique connu sous le nom de Risurgimento, qui milite pour la libération des territoires de la péninsule italienne de la domination de l’Empire d’Autriche et l’unification italienne. Parmi les intellectuels qui se démarquent se trouve Alessandro Manzoni, romancier et essayiste qui, après plusieurs années de fréquentation de salons littéraires à Paris, s’implique activement en politique, à travers des conférences et essais. C’est un des acteurs les plus importants dans l’établissement de la langue italienne comme langue nationale.