Déménager de Cologne à Paris s’avère, pour Jakob Offenbach et son frère Julius, une expérience fascinante. Tous deux guidés par leur père, Isaac Offenbach qui leur avait enseigné le français, ils s’intègrent facilement aux différents mouvements culturels de la Ville Lumière. Un sentiment d’incertitude s’empare cependant des frères Offenbach lorsque le directeur du Conservatoire, Louis Chérubin, refuse, en premier lieu, de les accepter comme étudiants. Ce refus, ayant pour motif la nationalité allemande des deux frères, ainsi que leurs origines juives, s’appuie sur certaines règles du Conservatoire selon lesquelles l’enseignement de musique et de danse n’est offert qu’à Paris et à Rome et exclusivement aux étudiants de nationalité française. .
Afin de remédier à cette situation, Isaac Offenbach met de l’avant son vécu sur les côtes sud du Rhin, lorsque cette région était encore française. Louis Chérubin leur permet alors de passer des auditions et d’être admis au Conservatoire national supérieur de musique et danse de Paris. Afin de mieux se faire accepter par les Français, Jakob et Julius décident de changer leurs prénoms, et deviennent respectivement Jacques et Jules.
Pendant un an, Jacques Offenbach entreprend ses études de théorie musicale et améliore ses techniques de violoncelle. Il travaille alors également comme professeur de violoncelle et joue dans plusieurs salons littéraires de Paris, forçant de plus en plus l’admiration de son public et de ses amis. Un an plus tard, il décide de quitter ses études au Conservatoire et suit des cours particuliers de violoncelle avec le virtuose violoncelliste d’origine polonaise Louis-Pierre Norblin. Jacques suit également des cours de composition avec Fromental Halévy, compositeur Français d’origine juive, spécialisé dans la composition d’opéra. C’est avec eux que Jacques complète sa formation musicale.
En 1835, Jacques Offenbach devient violoncelliste à l’orchestre du Théâtre national de l’Opéra-Comique de Paris, aussi appelé « salle Favart ». Cette institution voit le jour sous le règne de Louis XIV pour présenter des troupes d’artistes qui produisent des comédies et des opéras bouffes. L’Opéra-Comique possède ainsi sa propre troupe et son propre orchestre.
Pendant quelques années, Jacques intègre cet orchestre et s’intéresse à la composition d’opérette, genre musical classique qui diffère de l’opéra seria par le nombre d’actes et par son caractère comique.