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le Jeudi 17 février 2022 16:13 | mis à jour le 20 mars 2025 10:41 Divers

Splendeur de la musique au romantisme_7

Splendeur de la musique au romantisme_7
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 Vienne, aux mois d’octobre et novembre 1848, est l’arène de violentes confrontations entre les forces rebelles et l’armée de l’empire autrichien. Durant les différentes insurrections réprimées qui se succèdent en Europe en 1848, près de 50 personnes sont tuées à Vienne plutôt dans l’année, soit le 13 mars.

Ces incidents ont pour résultat la démission et la fuite du prince Klemens Wenzel von Metternich, chancelier de l’empire autrichien, protecteur de l’absolutisme en Europe.

L’empereur Ferdinand V forme alors une assemblée constituante, ce qui produit un certain mécontentement au sein de la population. Au cours des mois qui suivent, l’empire autrichien fait face à plusieurs révoltes à l’intérieur de son territoire, dont celles de la Hongrie et de l’Italie. Ainsi, en octobre 1848, lorsqu’une armée part de Vienne pour contenir des émeutes en Hongrie, une foule viennoise tente d’arrêter son départ, donnant lieu à plusieurs interactions sanglantes. L’empereur décide alors de s’enfuir avec sa cour à Olmutz.

Vers la fin du mois, l’armée encercle Vienne, et les nombreux combats génèrent autour de 2000 morts. L’empereur Ferdinand V démissionne alors en novembre, et, le 2 décembre 1848, François-Joseph Ier, membre de la maison de Habsbourg-Lorraine, le remplace. Il est couronné à Olmutz, et fait son entrée à Vienne en mai 1849, alors que les conflits sont apaisés.

Au début de 1848, Johann Strauss II se trouve en tournée en Serbie et en Roumanie. Lorsque les révoltes politiques de 1848 éclatent en Europe, il rentre à Vienne, et, sympathisant avec les positions politiques des étudiants, il compose Freiheitslieder (chants de liberté), Burschen-Lieder (chants des garçons), Revolutions-Marsch (marche de la révolution), Studenten March (marche des étudiants), et Geisselhiebe-Polka (Polka du fléau).

Cette polka joyeuse est présentée en janvier 1849, un mois après son arrestation par la police pour répondre aux accusations d’avoir joué la Marseillaise à l’auberge Zum Grünen Thor dans le quartier de Josefstadt.

Bien qu’il affirme la véracité des accusations, il avance l’avoir fait à la demande du public, propos que la chronique « Kleine Geisselhiebe » du journal viennois Die Geissel reprendra pour l’attaquer.

Après s’être libéré des charges de la police, Johann répond rapidement à ces attaques avec sa joyeuse Geisselhiebe-Polka qui, dans ses phrases musicales, intègre de courtes allusions à la Marseillaise et d’autres chants révolutionnaires.