La semaine dernière a donné lieu à un exercice de sensibilisation au sujet des efforts de diversification des revenus par les groupes francophones.
Cet exercice n’est pas nouveau. En fait, cet engouement revient régulièrement depuis que je suis actif auprès des organismes franco-ténois. À tous les sept ou huit ans, on se retrouve ensemble et on se « pompe » sur la notion de diversification des revenus pour se sortir de crises financières.
Qu’ont en commun le drapeau franco-ténois, Azimut communications, Boréal consultant, les plaques d’immatriculation de la Fédération franco-ténoise et les multiples cabanes à sucre des associations? Ce sont tous les résultats des efforts de diversification des revenus de nos organismes franco-ténois, le tout remontant à 1991.
Par exemple, en 1991 et 1992, L’Aquilon peinait à boucler son budget. Décidant de mettre à profit ses capacités rédactionnelles et infographiques, L’Aquilon avait pris le contrat de produire du matériel promotionnel pour la Fédération franco-ténoise. Une brochure sur le développement culturel et le drapeau franco-ténois ont été le résultat de cet exercice. Azimut communication et Boréal consultants ont vu le jour il y a environ 18 ans, alors que la Fédération tentait des exercices de diversifications des revenus dans le domaine des communications, de la traduction, etc.
Les tasses à café, les foulards et les plaques d’immatriculation sont des objets promotionnels qui servent aussi de source de financement. Les cabanes à sucre sont ouvertes au grand public et constituent un apport majeur d’autofinancement des associations.
Comme vous le voyez, ce concept n’est pas nouveau. Fort de notre expérience en la matière, il y a trois pièges majeurs à éviter dans ces exercices de diversification.
Premier piège : embauche de nouveau personnel. Je discutais récemment avec le directeur d’un organisme d’une autre province. Ils avaient mis sur pied un volet d’activités visant à soutenir la présence Web des groupes francophones de leur région moyennant un prix hebdomadaire. Annuellement, l’employé coûtait environ 50 000 $ et le service générait environ 25 000 $. Résultat, le service contribuait à augmenter le déficit de l’organisme plutôt que de contribuer à son essor. C’est bête à dire, mais plusieurs des projets de diversification des revenus ne permettent pas l’embauche de nouveaux employés.
Deuxième piège : la surcharge de travail. La seule façon de rétablir une situation économique difficile est de demander aux ressources actuelles de se retrousser les manches et de faire davantage. Il y a un risque cependant de trop demander aux ressources humaines existantes et de les perdre, soit par la fatigue, soit par des départs volontaires.
Troisième piège : dénaturer l’organisme. On a des organismes avec des mandats précis. Il faut donc éviter de négliger nos mandats de base au profit d’exercices financiers secondaires.
En bref, tout effort de diversification doit se faire en s’appuyant sur une planification financière rigoureuse et en évitant que l’organisme perde sa raison d’être.
Éditorial Diversification
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