Après une lecture sommaire du rapport, on s’aperçoit que la commission d’examen conjoint renvoie la balle à plusieurs reprises vers les autres instances du gouvernement, notamment le Cabinet.
Ça n’a rien de rassurant!
Prenons l’exemple de la question de l’utilisation ultime du gaz naturel une fois rendu dans le Sud. Plusieurs intervenants demandaient à la Commission de s’assurer que le gaz naturel acheminé vers le Sud ne servirait pas à accroître les opérations de transformation des sables bitumineux de l’Alberta, une activité des plus néfastes pour l’environnement. La Commission a plutôt jugé que cette question ne pouvait être réglé à cette instance et qu’il fallait plutôt compter sur le Cabinet fédéral pour établir une réglementation nationale sur la lutte aux gaz à effet de serre.
Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais j’aurais trouvé quasiment plus rassurant si la commission avait promis de régler le problème le jour où les poules auraient des dents. Avec les récents progrès scientifiques dans les opérations de manipulation génétique, il y a plus de chance qu’un savant nous sorte une poule avec des dents que de voir le Cabinet conservateur prendre une position acceptable dans la lutte aux gaz à effet de serre.
À plusieurs reprises aussi, la commission accepte d’appuyer le projet gazier en recommandant à d’autres ministères se prendre en charge la supervision et le contrôle des certains impacts, donc sans garantie réelle que des instances de surveillance soient effectivement créées.
Il faut aussi noter que la Commission ne se montre que peu proactive au regard de l’absence de règlement des revendications territoriales du Dehcho. Certes, on y recommande de traiter avec le Dehcho selon les mêmes formules que les autres régions qui ont fait l’objet d’entente territoriale, mais sans en faire un pré requis. L’occasion aurait pourtant été idéale pour forcer le gouvernement à régler cette revendication territoriale une fois pour toute.
Après quelques heures seulement de lectures, c’est donc la principale lacune de ce rapport : il me semble que dès que la commission se retrouvait avec une patate chaude dans les mains, elle la relançait simplement vers d’autres instances gouvernementales. Et je parie qu’il y a un Harper ou un Prentice quelque part qui s’amusera à simplement camoufler toutes ces patates sous le tapis.