Selon le camp dans lequel on se trouvait, les objectifs étaient bien différents à l’occasion de la première visite aux TNO en cinq ans du Conseil des Arts du Canada les 3, 4 et 5 juin derniers.
Les représentants du Conseil voulaient notamment profiter de leur passage à Yellowknife pour faire la promotion de l’organisme et pour mieux connaître les artistes d’ici. Ces derniers en ont plutôt profité pour exposer leur situation précaire.
« On veut parler aux artistes pour qu’il participe et contribue à la planification stratégique», a expliqué Robert Sirman, directeur du Conseil des Arts du Canada.
Cette visite est donc aussi en lien avec une consultation nationale que fait en ce moment le Conseil pour obtenir des commentaires et avis afin d’élaborer le plan stratégique de l’organisme pour la période 2008-2011.
« Nous avons le mandat de soutenir les artistes, de promouvoir et encourager les arts. On fait donc une recherche auprès d’eux pour avoir des idées. Il y a beaucoup de choses pour faire avancer les carrières des artistes au Canada », a-t-il ajouté.
C’est un effort très louable, mais les artistes rencontrés par L’Aquilon lors de la réception tenue au Centre du patrimoine septentrional Prince‑de‑Galles en l’honneur du 50e anniversaire du Conseil des arts avaient bien d’autres préoccupations.
« Il manque de studios ici à Yellowknife. Ça fait des années qu’on n’a pas d’espace pour travailler », a dénoncé la sculpteure Monique Robert précisant que les artistes de Yellowknife sont unanimes sur ce point.
« Ça nous prendrait un espace public commun pour tous les artistes, a-t-elle ajouté. Mais il n’y a pas d’argent, il n’y a pas de programme ».
Une opinion que partage Diane Boudreau. « Les artistes se retrouvent souvent dans des situations absurdes, car il n’est pas possible d’avoir un atelier. Il faudrait qu’il y ait un effort pour que le budget soit augmenté », a suggéré l’artiste francophone.
Elle donne en exemple le maigre 355 000 $ annuel distribué en subventions aux TNO alors qu’une centaine d’artistes d’ici font des demandes. « C’est l’équivalent du salaire de trois employés du ministère », a-t-elle dit.
Les artistes se promettaient de faire part de leur situation délicate à M. Sirman, mais ils ne s’attendent guère à des résultats du Conseil des arts.
Voir ce qui se fait ici
Par ailleurs, Robert Sirman a pris le temps de visiter l’atelier de l’artiste autochtone Guuta Ashoona lundi dernier dans la vieille ville. C’est avec beaucoup d’intérêt qu’il a contemplé les différentes sculptures sous les explications de l’artiste de Yellowknife Bob Kussy.
M. Sirman, pour qui il s’agissait d’un premier séjour au nord du 60e parallèle, indique que son passage est aussi une opportunité de voir ce qui se fait sur le plan artistique un peu partout au Canada.
« C’est l’occasion d’apprendre les circonstances dans lesquelles les Canadiens pratiquent leur art dans les différentes régions », a affirmé le directeur.
Parmi les autres activités au programme, il y avait une rencontre avec les représentants du ministère de la Culture des TNO, une visite de l’Assemblée législative, une table ronde avec les artistes et une visite de quelques galeries de Yellowknife.
La délégation du Conseil des arts du Canada s’est ensuite rendue à Whitehorse et Dawson City pour compléter leur tournée d’une semaine du Nord canadien.