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le Vendredi 8 juin 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Divers

Les vélorutionnaires s’emmènent

Les vélorutionnaires s’emmènent
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Le 30 mai, ils sont près d’une trentaine de cyclistes réunis dans le stationnement de la Commission scolaire numéro 1. Dans la foule, on distribue des autocollants au message clair : « une auto en moins ». Ceux qui en ont déjà un (ou plus!) collé sur le moyeu de leur bécane déclinent poliment l’offre. Dans quelques minutes, l’impressionnant cortège de vélos va s’engager sur la 50e avenue.

Il s’agit de la toute première « vélorution » (ou Crtical Mass en anglais) de Yellowknife. Cette manifestation cycliste spontanée a pour but de permettre au trafic non motorisé de prendre symboliquement sa place sur les routes des villes. Leur slogan? « Nous ne bloquons pas le trafic ; nous sommes le trafic! »

L’idée est simple : si on arrive à réunir un assez grand nombre de cyclistes en même temps au même endroit, les automobilistes n’auront pas d’autres choix que de les tolérer. Ce qui a effectivement été le cas, vendredi dernier au centre-ville de la capitale. Pendant un moment, la rue a été occupée par les vélorutionnaires.

Le mouvement se veut non hiérarchique et ne se réclame d’aucune organisation. « Même si nous ne sommes pas organisés, ça ne signifie pas que nous soyons désorganisés », explique le militant écologiste Doug Ritchie qui a pris part à cette première vélorution et compte recommencer aussi souvent que possible.

Il explique que le groupe n’a pas l’intention de dévoiler son itinéraire aux autorités parce que cela irait à l’encontre de l’esprit de leur revendication. Pourquoi les cyclistes devraient-ils annoncer leurs sorties, alors que les autos peuvent rouler tout le temps sans être inquiétées?

Si le concept de la vélorution est une nouveauté aux TNO, il existe ailleurs depuis un bon bout de temps. C’est à San Francisco en 1992 que la première manifestation du genre a eu lieu. Quinze ans plus tard, on retrouve des collectifs vélorutionnaires dans plus de 300 villes et sur cinq continents. Certains groupes ont également développé des variantes comme le cyclonudisme, populaire en Espagne. À Vancouver, un collectif dénommés Vélociraptors prennent par à des vélorutions costumés en dinosaures afin de protester contre les énergies fossiles.

Le mouvement, associé à l’écologisme et à la désobéissance civile, a souvent eu maille à partir avec les autorités. En 1997, une vélorution célèbre a été prise en chasse par la police de San Francisco qui utilisa des hélicoptères pour pourchasser les quelques 7 000 cyclistes réunis ce jour-là. Depuis 2005, à Londres, les arrestations de masse ont souvent ponctué les vélorutions qui ont lieu mensuellement dans cette ville.

Pour le petit groupe de vélorutionnaires de Yellowknife, le jeu ne fait que commencer. On promet que des attroupements de ce genre auront lieu tous les derniers vendredis du mois, tant que la température sera clémente. Il est également prévu qu’un site Web soit développé afin de réseauter les activistes sur deux roues et coordonner les vélorutions.