Lorsque j’ai pris ma retraite, en juin dernier, je m’étais dit que si ça adonnait, je travaillerais à temps partiel, histoire de me recréer un milieu de travail et une banque de connaissances. C’est bon pour le moral, comme dit la chanson.
J’ai donc donné mon nom à une agence de placement pour faire du remplacement dans des bureaux, organismes, institutions, etc., en précisant que je voulais faire du court terme, soit quelques jours, quelques semaines, au max.
Quand j’ai rencontré les personnes de l’agence, elles avaient deux ou trois emplois à m’offrir, mais du long terme. Ce que j’ai refusé, il va sans dire.
L’autre jour, le téléphone sonne et on m’offre un travail d’au moins trois mois dans un cabinet d’avocats, pour faire de la recherche, un peu de rédaction, etc. Trois mois, ça n’entre pas vraiment dans mes plans, mais l’offre est alléchante, car intéressante. En plus, le client s’avère ouvert pour le temps. Comme je ne prévoyais pas travailler, mon calendrier est déjà chargé de petites choses : rendez-vous chez le médecin, petits voyages au Lac St-Jean, à la Malbaie, à Montréal, vous voyez un peu le topo. Mais je décide tout de même d’aller rencontrer le client, qui, au dire de l’agence, est prêt à me laisser du temps pour les choses déjà inscrites à mon calendrier.
Et là commence mon angoisse. D’abord, je devrai aller me baigner très tôt, si je veux débuter la journée à 8 h 30; ensuite, je devrai essayer le trajet pour me rendre en vélo, car j’ai bien l’intention de me transporter en vélo. Le vendredi avant le rendez-vous (qui doit avoir lieu le lundi), je vais me baigner à 6 h 30 et je minute le temps qu’il me faut pour tout faire afin d’arriver à mon nouveau travail pour 8 h 30. C’est juste! Et je me vois arriver au rendez-vous le lundi, calendrier en main pour négocier deux jours ici, quelques heures là, quatre jours ailleurs. Ça ne fait pas très sérieux tout ça, pour quelqu’un qui débute un nouveau travail, si temps partiel soit-il.
Et là commence ma réflexion. J’avais la ferme intention de ne rien prendre de trop long. En plus, avec l’été qui s’annonce, toutes sortes de projets se sont présentés et devront être remis en question. Plus la réflexion avance, moins je suis décidée à prendre cet emploi. Finalement, prenant mon courage à deux mains, j’appelle l’agence pour faire savoir que ma disponibilité n’est vraiment pas très grande, quelle que soit la compréhension de l’employeur face à mon emploi du temps.
Je décide donc de remettre à plus tard, soit à l’automne, mon retour au travail à temps partiel. Après tout, ça ne fait même pas un an complet que je suis à la retraite. L’été passé, j’ai utilisé une grande partie du temps à organiser mon nouvel appartement, ma nouvelle vie, à me procurer de nouveaux papiers, cartes, etc. Je n’ai pas vraiment profité de l’été. Et comme je me suis déjà engagée à plusieurs petits projets pour l’été qui vient, mieux vaut remettre à plus tard mon retour au travail.
Et c’est ainsi qu’en quelques heures (deux ou trois jours) je suis passé du statut d’employé au travail à employé à la retraite. En moins d’un an, j’ai pris deux retraites, même si le dernier travail n’a pas été très long, pour ne pas dire inexistant. Et je me suis sentie tout à coup très légère et très libre à nouveau. Un réel plaisir de me retrouver encore une fois retraitée.
Et c’est ainsi qu’aujourd’hui, au lieu de préparer mon linge pour aller travailler demain, je prépare mon vélo pour aller faire une randonnée, si la température le permet. Et pour le boulot, on verra cet automne, si mon calendrier n’est pas trop chargé! Car croyez-le ou non, on peut vraiment avoir un horaire chargé à la retraite, je suis bien placée pour le savoir.
Là-dessus, j’espère que le printemps est agréable par chez-vous. Ici, on peut dire que la température n’est pas très clémente et plutôt fraîche. Moi qui croyais qu’il y avait une grosse différence entre Yellowknife et Québec! Je me trompais. La différence n’est pas si flagrante et vos journées sont beaucoup plus longues et plus ensoleillées. Je vous souhaite de bien profiter de ce beau soleil! Le ciel du Nord me manque.
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