Lundi le 16 avril, l’orchestre symphonique de Montréal amorcera une tournée canadienne d’ouest en est par une visite aux Territoires. Cette première se tiendra à l’école secondaire St. Patrick, dans une salle de spectacle spécialement modifiée pour accueillir l’orchestre. Tapis rouges, fauteuils et lustres majestueux reconstitueront l’identité d’une salle d’opéra.
Le programme de cette soirée orchestrée par Kent Nagano, sera composé d’oeuvres de Rossini, de la symphonie n°7 de Beethoven et d’une composition contemporaine d’Ana Sokolovic. Paul Fortin, le directeur des opérations artistiques de l’OSM explique le menu de cet événement : « il était important pour M. Nagano que le programme reflète ce vers quoi l’orchestre tend au niveau programmation pour les deux prochaines années à Montréal. Celle-ci est principalement bâtie autour de Ludwig van Beethoven et de son influence sur ses contemporains. L’an prochain, nous allons compléter pour ainsi dire les neuf symphonies de Beethoven. Ensuite pour la première partie, nous voulions présenter Rossini, l’équivalent italien de ce phénomène d’idole du peuple que Beethoven a été de son vivant pour les Allemands. Puis, nous voulions ajouter une nouvelle pièce canadienne au milieu de cette analogie, c’est la commande à Mme Sokolovic. Cette Montréalaise reconnue au niveau de la composition au Canada nous livre un concerto pour orchestre basé sur cette thématique ».
Pour tous les concerts dans la partie ouest du Canada, c’est le contralto Marie‑Nicole Lemieux qui accompagnera l’orchestre. Cette artiste canadienne est appréciée de Kent Nagano, tout comme le ténor Michael Shade qui effectuera la partie est de cette tournée nationale.
Premier contact avec le Nord
Alain Desgagné, clarinettiste, entame sa première tournée avec l’OSM. « Pour chaque voyage, nous nous préparons individuellement, je prépare bien mes partitions et je m’assure que mon instrument est en bonne forme, il faut aussi avoir des pièces de rechange et parfois un autre instrument car il n’y a pas de réparateur qui accompagne la tournée. Nous avons bien hâte de commencer la tournée. »
La tournée est assez serrée, elle commence à Yellowknife le 16 avril, se poursuit à Vancouver et dans 6 autres villes du Canada, la dernière représentation étant à St-Jean de Terre-Neuve le 28 avril.
Le musicien assure que même s’il est très occupé à la préparation des récitals durant les tournées, il a du temps libre qu’il lui permet de marcher, de rencontrer des gens et d’avoir une idée de la ville qu’il visite. « Cette tournée printanière va être une belle expérience. Je suis déjà allé dans le Nord, à Churchill au Manitoba avec l’orchestre de Winnipeg, mais tout comme l’OSM se sera ma première fois dans les Territoires du Nord-Ouest. »
Au sein d’un orchestre symphonique, le Premier violon solo travaille en collaboration étroite avec le chef d’orchestre. Tous les instruments suivent le battu du Maestro, le Premier violon solo transmet des signaux, en particulier à la section des cordes, pour que tous soient unis dans leur jeu.
Richard Roberts, le Premier violon solo de l’OSM, commente son travail : « Je m’entretiens avec Maestro Nagano avant la générale, je lui parle avant la première note du concert et pendant l’entracte aussi. Je dois techniquement traduire sa direction artistique en mouvement ; c’est un travail très intéressant. Nous recherchons à être le plus professionnel possible, notre rôle étant de transmettre au public la vision artistique de Kent Nagano. Finalement, j’ai le statut un peu symbolique de représenter les musiciens de l’orchestre, à la fin d’une représentation je serre la main du chef d’orchestre au nom de tous ».
Roberts confie qu’il regrette de ne pas passer plus de temps dans le Nord. Il ne connaît pas ces latitudes et se demande s’il aura le temps de découvrir Yellowknife. « Chaque salle de concert est différente, dit‑il. Le climat aussi change énormément, les instruments sont très sensibles à ces variations et nous devons les ajuster constamment. Il y a un gros travail de préparation, alors j’espère avoir du temps avant le concert, mais surtout après pour rencontrer gens. Cette tournée nous donne l’occasion de découvrir un nouveau public. Quand nous jouons nous pouvons ressentir l’attention dans la salle ». Il est en effet facile de comprendre que le niveau d’écoute est défini par un silence soutenu alors que les chuchotements et les raclements de gorge sont témoins d’esprits ne suivant pas la cadence.
Yellowknife et principalement le Northern Arts and Cultural Center présenteront la ville et ses citoyens aux 90 membres de la délégation montréalaise. Ben Nind, le directeur artistique et administratif du NACC, prétend qu’il y aura plusieurs activités entourant la venue de l’OSM durant leur séjour de deux nuits. Un comité d’accueil comprenant quelques francophones a été formé pour accompagner les musiciens au Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles. Le lundi, trois ateliers, dont la répétition générale, seront ouverts à quelques écoles de la ville. En soirée, une réception est organisée à l’hôtel où séjourne l’orchestre.
D’après Paul Fortin, Maestro Nagano souhaite que chaque représentation satisfasse nos oreilles de mélodies connues, mais qu’elle nous entraîne aussi à découvrir d’autres sonorités. Un vœu que l’on peut souhaiter en retour à l’OSM devant nos horizons nordiques.