le Lundi 16 février 2026
le Vendredi 16 février 2007 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

Double concert de musique baroque à Hay River et à Yellowknife. De la musique pour élever l’âme

Double concert de musique baroque à Hay River et à Yellowknife. De la musique pour élever l’âme
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À l’initiative de Tyler Hawkins, un professeur enseignant à Hay River, le Northern Arts & Cultural Center à invité pour deux représentations aux TNO Michel Cardin, un talentueux luthiste qui vit à Moncton.

Lui-même musicien et passionné de guitare à cordes multiples, Hawkins connaissait la renommée du joueur de luth baroque et communiquait à l’occasion avec l’artiste par Internet. Lors du concert à Hay River celui-ci explique en présentation : « j’ai découvert que Michel se rendait en Alberta en février et je me suis demandé combien de jours de congé devrais-je déposer pour descendre le voir. Finalement l’idée de le faire venir ici et de nous rencontrer enfin était la meilleure des solutions ». Une rencontre permettant à Tyler de présenter lui aussi un programme pour guitare à 17 cordes. Après 22 ans d’expérience, cette série de concerts inaugure sa carrière professionnelle.

Lundi au soir, le hall de l’École Boréale accueillait une centaine de personnes pour cet événement musical, du son à la retransmission vidéo (permettant d’apprécier le doigté le long des cordes), tout était mis en place pour optimiser le spectacle.

Après la performance acclamée de Tyler, qui lui aussi jouait une suite du vaste répertoire pour luth avec sa guitare peu ordinaire, les 24 cordes du luth baroque ont résonné de toute leur finesse.

Le luth est un instrument ancien, d’origine orientale qui prit un essor au fil des siècles pour atteindre un apogée durant les XVIe et XVIIe siècles. Considéré comme un élément essentiel de la musique à la fin de la renaissance, il perdure jusqu’à l’époque baroque, mais l’avènement du clavecin au début de l’époque classique, va faire chuter sa popularité. En effet, la résonance de ce dernier permettait des récitals devant de plus grandes audiences. Entre deux suites, le luthiste explique que la redécouverte de cet instrument est récente et que son répertoire s’élève à 40 000 tablatures. L’histoire veut que si tous les luths de Prague eussent été assemblés, un dôme recouvrirait le ciel de la capitale tchèque.

Les commentaires fusaient à l’entracte, positifs et passionnés. « Ça fait du bien de sortir pour la culture ; cette musique m’emporte, c’est comme si elle était directement dirigée vers mon âme. Quel bel instrument ! » Trois chanceux ont gagné les seuls Cd disponibles lors de la soirée à Hay River, le stock était déjà écoulé en Alberta.

Le lendemain, les deux musiciens se produisaient à Yellowknife, à la Northern United Church.

Michel Cardin a entrepris, il y plusieurs années le défi, d’enregistrer l’intégralité du manuscrit de Londres de Silvius Leopold Weiss. Un des plus grands volumes écrits pour un instrument soliste. Cette œuvre représente une série de 12 volumes que l’interprète a complétée dernièrement. Après l’initiative créatrice, la production, c’est la diffusion du produit, une étape qu’il effectue de façon indépendante. Pour ce musicologue, le luth représente l’un des premiers ambassadeurs de l’Europe sur le nouveau continent. « De Maisonneuve en charge de la première colonie française sur l’île de Montréal en 1642 et Bizard, son lieutenant-colonel, jouèrent tous les deux du luth pour les autochtones ». On peut conclure que Michel Cardin jouit lui aussi d’un statut d’ambassadeur, celui d’une musique fine et délicieuse.