En ce début d’année, il me serait difficile de ne pas parler de ce que nous réserve l’année qui vient de s’entamer.
On ne peut faire autrement que de se poser des questions sur ce qui se passe dans le monde à bien des niveaux : climatique, écologique, économique, social et politique. Où est-ce qu’on s’en va? Difficile à dire. La seule chose qu’on peut prétendre, c’est que ce n’est pas trop rassurant.
On est le 7 janvier et je suis à écrire cette chronique. Dehors, à Québec, il n’y a pas de neige. Hier, il a fait +6 ici, +11 à Montréal. Un record depuis 1946! On ne rit plus. Pas de neige ni à Noël, ni au Jour de l’An ici à Québec, alors que normalement à cette époque, les maisons sont quasiment invisibles de la rue à cause de la neige, il y a de quoi se poser de sérieuses questions.
Et pour que l’oncle Sam, notre voisin du sud, par la voix de Bush, reconnaisse que notre bel ours polaire est en danger, avouez qu’il doit vraiment l’être, car M. Bush n’est pas renommé pour être à l’avant-garde de la protection de l’environnement, vous le savez tout comme moi.
Je me souviens avoir traduit un document sur l’ours polaire qui prétendait que cet animal pesait environ 150 livres de moins qu’il y a quelques années, car sa recherche de nourriture (principalement le phoque) devenait de plus en plus pénible, en raison des glaces, et comme il devait nager de plus en plus et se débattre de plus en plus, il perdait beaucoup de poids. Inquiétant. Ce bel animal tout au haut de la chaîne alimentaire dans l’Arctique est tout doucement en train de disparaître. Et ceux qui restent ne sont pas en très bonne santé.
J’entendais cette semaine aux nouvelles que les ours du zoo de St-Félicien sont soudain sortis de leur tanière, en raison du temps doux, croyant que l’hiver était fini. Est-ce qu’ils vont retourner à leur sommeil tout bonnement, quand l’hiver va vraiment se pointer, s’il se pointe? Et les femelles qui mettent bas en hiver dans leur tanière, qu’est-ce qu’il va arriver avec leurs petits? Elles n’en auront plus, ou ces oursons seront mal nourris?
J’ai également entendu qu’il y a des acériculteurs qui entaillent leurs érables, car la sève commence à monter, en raison du temps doux.
Je ne voulais pas être si pessimiste, mais difficile de faire autrement.
Et pour ce qui est de la violence qui devient de plus en plus un fait de la vie quotidienne. Une flambée de violence se manifeste un peu partout. Vous avez entendu comme moi parler de ce qui s’est passé à Cambridge Bay! Et que dire du phénomène des gangs de rue? Ici à Québec, c’est moins pire qu’à Montréal, mais quand même.
Et tous ces pays qui se déchirent! Le Darfour, le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, l’Irak, l’Afghanistan. Et j’en passe! Croyez-vous que l’année 2007 sera vraiment prospère pour ces pays? Je n’en jurerais pas.
Et que deviendra Cuba, une fois Castro mort? Est-ce que les États-Unis vont se précipiter à nouveau pour envahir ce pays déjà sous leur gouverne avant le règne du leader maximo? Et la diaspora cubaine installée en Floride? Est-ce qu’elle va s’empresser de retourner dans leur pays d’origine qui leur est présentement défendu d’accès?
Et la répartition des richesses? Est-ce que ça va continuer de se répartir de façon aussi inéquitable bien longtemps. Je lisais, je ne sais trop où, que 98 % des richesses mondiales appartiennent à 2 % de la population. Ça donne froid dans le dos et envie de réfléchir plus avant, ne croyez-vous pas?
Par contre, de plus en plus, on voit les jeunes prendre conscience des problèmes mondiaux qui se présentent et réagir, faire leur part, tenter de devenir une partie de la solution, et non une partie du problème. Je parle des jeunes, car c’est de plus en plus perceptible. Bien sûr, il y a des gens de tous âges qui réagissent, mais disons que le mouvement chez les jeunes est plus perceptible, plus tangible.
Tous les petits gestes comptent, tant pour l’écologie que pour les changements politiques. Quand on n’est pas d’accord avec la politique d’un gouvernement, la moindre des choses est de le dénoncer par son vote. Si on trouve que la planète se réchauffe dangereusement, il faut en prendre acte et réagir par toutes sortes de petits gestes qui semblent insignifiants, mais qui feront peut-être une différence si tous les gens s’y mettent. Des exemples? Apportez des sacs en tissu recyclables pour y mettre vos provisions. Ne faites pas « virer votre char » de longues minutes avant de décoller. Ce sera mieux pour l’environnement et votre voiture. Essayez de vous rendre au boulot à pied ou en vélo, quand la température le permet. Ce sera mieux pour votre santé et pour la planète. Faites votre possible pour faire de la récupération du verre et du plastique et du papier. Évitez d’acheter des produits trop emballés. Je sais, je sais. Ce n’est pas toujours évident!
Bref, je me demande, tout comme vous, de quoi aura l’air l’année 2007. On se la souhaite bonne, mais mettons que c’est mal parti, en tout cas ici, dans le sud, pour ce qui est du climat.
Mais ne soyons pas trop pessimistes et disons-nous que nos petits gestes comptent, et que nous ferons de notre mieux pour d’aider notre pauvre terre. Là-dessus, je vous laisse à vos sports d’hiver, chanceux! Je vous assure que cette année, la neige et Yellowknife me manquent.