La Fédération franco-ténoise (FFT) ne nommera pas de représentant francophone au Conseil des langues officielles, une table de consultations chargée de conseiller le gouvernement territorial en matière de politiques linguistiques. C’est la décision unanimement prise par les délégués de la FFT, réunis à l’occasion de la 28e assemblée générale annuelle de l’organisation.
C’est sous recommandation du président de la FFT, Fernand Denault, qui était jusqu’à récemment le délégué francophone au Conseil des langues officielles, que les membres de la Fédération ont choisi de couper les liens avec la table de consultations. Dans un rapport lapidaire, Denault indique que le Conseil des langues ne répond pas aux attentes des francophones, déplore un manque d’assiduité des autres délégués aux réunions et suggère la création d’une nouvelle table de consultation bilatérale qui ne réunirait que les francophones et le gouvernement territorial. Les recommandations de M. Denault ont été adoptées par l’assemblée.
Créée suite à la dernière modification de la Loi sur les langues officielles des TNO, le Conseil des langues officielles réunit des représentants de chacune des onze communautés linguistiques reconnues par la Loi territoriale. Denault estime que cette structure ne convient pas aux Franco-ténois. « Les peuples autochtones cherchent des avenues différentes des nôtres [pour faire respecter leurs droits linguistiques], c’est tout à fait correct. Mais ce n’est pas la façon qui nous convient », a affirmé le président à l’assemblée.
« Nous n’avons pas les mêmes buts, nous n’avons pas les mêmes besoins, nous n’avons pas les mêmes ambitions, nous n’avons pas les mêmes droits », a-t-il ajouté.
Le vice-président de la FFT, Richard Létourneau, s’est porté à la défense de la proposition. « On ne peut pas avoir les mêmes attentes que d’autres groupes linguistiques qui ne sont peut-être pas aussi actifs que nous », a déclaré Létourneau. « Il faut forcer la main du gouvernement pour créer cette structure », a-t-il ajouté, faisant référence à la table de consultation bilatérale, suggérée par le président.
Dent dit non
Le ministre responsable des langues officielles, Charles Dent, a fait une apparition à l’assemblée générale annuelle de la FFT. En entrevue avec L’Aquilon, il a rejeté la création d’une nouvelle table de consultations expressément dédiée aux francophones. « Je ne suis pas prêt à présenter une nouvelle instance de représentation », dit-il.
Le Conseil des langues officielles est la seule table consultative dont le mandat est reconnu par la Loi territoriale, rappelle le ministre Dent. « C’est cette table-là que j’écoute », affirme-t-il. Le ministre pense en outre qu’il serait malheureux que les francophones rompent les liens avec les autres communautés linguistiques. « Il y a beaucoup de personnes qui pensent que les premières langues du territoire sont les langues autochtones et qui estiment que ce sont ces langues-là qui devraient être les plus valorisées. La présence des francophones sur le Conseil des langues officielles, rappelle que la Loi identifie onze langues officielles qui ont toutes leur place aux TNO », déclare le ministre.
Charles Dent a affirmé avoir rencontré plus d’une fois le Conseil des langues officielles pour entendre ses suggestions, mais il n’a pas pu indiqué si le Conseil lui avait déjà transmis un rapport formel de ses activités.