le Lundi 16 février 2026
le Vendredi 8 Décembre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

« Je suis lu à Tokyo, mais pas à Toronto »

« Je suis lu à Tokyo, mais pas à Toronto »
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Bryan Perro a vendu plus d’un demi million de volumes de sa série de romans fantastiques Amos Daragon. Ses livres sont traduits en 18 langues. Ses histoires ont initié des milliers de jeunes à la lecture. Et pourtant le passage de cette véritable vedette canadienne de l’édition aux Territoires du Nord-Ouest se fait presque incognito. Alors qu’ils avaient été dûment invités – dans leur langue ! – aucun média anglophone ne s’est déplacé au point de presse organisé lundi avec Bryan Perro. Et les livres de Bryan, au fait, ne sont pas traduits en anglais.

« C’est une question de culture et de la façon dont la culture circule, estime le principal intéressé. Je suis certain que je serai lu au Canada anglais le jour où j’aurai un éditeur américain. »

« Je suis lu à Tokyo, mais pas à Toronto », note-t-il narquois. À l’évidence, un fossé d’incompréhension sépare la culture canadienne française de la culture canadienne anglaise, et le blocage, note l’écrivain, ne se fait pas juste dans un sens.

« Quand je veux lire Kenneth Oppel, qui est un excellent auteur canadien, je le lis en français… parce qu’il est édité chez Fayard, en France. Mais au Québec, c’est un inconnu. » La même chose se note quand on regarde la liste des récipiendaires du Prix littéraire de la gouverneure générale, signale Perro. « Les écrivains francophones on voit une liste de noms anglais qui sont tous pour nous des parfaits inconnus ; les anglais c’est pareil. »

Pour Bryan Perro, c’est décidé : il laisse tomber les éditeurs de Toronto pour se tourner vers les États-Unis. Il raconte avoir été approché par une maison d’édition newyorkaise. « Ils ont vu la folie autour du kiosque au Salon du livre [de Montréal] alors il sont venus me voir. » Le contrat n’est pas nécessairement signé avec ces gens-là, Bryan Perro affirme avoir d’autres offres, toutes chez l’Oncle Sam. S’il revient un jour nous voir aux Territoires du Nord-Ouest – et permettez moi d’en douter – l’auteur d’Amos Daragon sera peut-être alors accueilli avec le faste réservé aux vedettes… américaines !

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Si vous avez manqué les ateliers littéraires donnés par Bryan Perro, ou que ces ateliers vous ont donné le goût d’en savoir plus sur l’auteur, vous devrez vous rendre sur Internet pour dénicher ses volumes. Parce que, bien sûr, on ne les vend pas à Yellowknife.