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le Vendredi 13 octobre 2006 0:00 | mis à jour le 20 mars 2025 10:36 Culture

Quand on cousait avec des os et des épines

Quand on cousait avec des os et des épines
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Quand on y pense, ça ne vaut pas vraiment la peine de se déplacer au musée si c’est pour aller voir un ensemble de vaisselle.

Oui, mais si c’est un kit vieux de 150 ans et qu’il est fait en branches de saule tressées, alors là, ça commence à être intéressant. Eh bien, c’est justement le genre de curiosités que nous permet de découvrir l’exposition Dè T’a Hoti Ts’eeda – We live securely by the land qui vient de s’installer pour un an au musée Prince-de-Galles. À travers une vingtaine d’objets de la vie courante, on découvre la vie quotidienne des Dénés à l’époque de la traite des fourrures.

Ces objets sont assez disparates. Ce sont des bols, des mocassins, des sacs, des filets à pêche, des raquettes, des costumes cérémoniaux, des pipes, etc. Mais ils ont tous en commun de témoigner de l’ingéniosité d’un peuple nomade qui devait survivre dans un climat rude, sans métal ni papier. Le bol en branche de saule, par exemple, était tressé si serré qu’on pouvait s’en servir comme d’une tasse!

Le travail que devait demander la confection de chacun de ces gréements devait être incalculable. On est loin de la civilisation du prêt-à-jeter qui s’est rapidement frayé un chemin jusque dans les villages du Deh cho. On a beau parler de la complexification du monde, à observer chacune des mailles de la raquette tlicho longue de six à huit pieds on ne peut s’empêcher de penser que la complexité n’est pas apparue avec l’ordinateur…

Du Denendeh à l’Écosse au Denendeh

Ironiquement, tous ces objets d’ici nous viennent d’un musée d’Écosse. C’est en effet le National Museum of Scotland qui détient la plus grande collection d’artefacts dénés au monde, et c’est donc de là que nous arrivent toutes ces jolies pièces créées par des artisans anonymes de chez nous.

Le principal colleteur d’art déné du 19e siècle était un Écossais nommé Bernard Rogan Ross qui a été un certain temps Chief Trader pour la Compagnie de la baie d’Hudson, à Fort Simpson. C’est à ce moment-là qu’il a colligé les quelque 280 pièces de la collection « athapascane » du musée écossais.

Et c’est ainsi que disparaissent puis reviennent nos trésors patrimoniaux.